Hervé Gourdel raconté par ceux qu'il photographiait

Hervé Gourdel raconté par ceux qu'il photographiait

PORTRAIT - Le Niçois, assassiné en Algérie par un groupuscule djihadiste, était un passionné de photo. Ses amis photographes et modèles décrivent d'un homme sensible, respectueux et attachant.

L'écusson de la "Compagnie des guides du Mercantour" sur son pull, l'appareil photo autour du cou. Voilà comment le monde a découvert lundi le Niçois Hervé Gourdel, sur la vidéo postée par ses ravisseurs après son enlèvement . Il portait sur lui les symboles de ses deux passions : la montagne et la photographie. Deux activités qu'il mêlait régulièrement, mitraillant avec talent ses partenaires de rando, d'escalade ou de glisse dans les canyons, ses élèves en formation de guide dans le Mercantour, ou les équilibristes qui pratiquent le slackline au-dessus de Monaco et Nice.

"Il avait toujours un appareil photo avec lui, il prenait tout le temps en photo ses clients en rando" se souvient avec émotion Justine, qui a beaucoup crapahuté avec lui et a travaillé à ses côtés au bureau des guides de Saint-Martin-Vésubie. Hervé Gourdel réalisait des clichés souvent vertigineux, et toujours pleins d'humanité. Comme un pied de nez fait à ces inconnus masqués qui ont pris sa vie dans des circonstances inhumaines quelque part en Algérie. Lui qui photographiait quelques mois plus tôt "des scènes de vie" au Maroc, à Nice, dans ses montagnes chéries ou dans des lieux plus secrets, avec ses modèles.

"Bonne humeur, générosité, escalade..."

"Il cherchait tout le temps des lieux insolites pour des séances photo. Je lui avais fait découvrir une villa abandonnée à Beaulieu. On avait dû escalader pour entrer, il était heureux comme un gamin dans ce décor ! raconte Barbara, une amie photographe. Il faisait parfois de la photo de charme, sans vulgarité, poursuit Barbara. Il me disait 'tomber dans cet écueil est tellement facile avec le nu', il voulait sortir de ça".

Ses images au charme léger racontaient toute la fraîcheur et la complicité de ses relations avec ses modèles féminins. "Une séance avec Hervé c'est simple, explique Narcisse, ça se résume en quelques mots : bonne humeur, générosité, escalade, froid, et résultat !" La première fois que cette Antiboise de 27 ans a posé pour un photographe, c'était devant l'objectif d'Hervé, en 2009. Le début d'une collaboration enrichissante. "Il fait partie de ces gens qui marquent notre vie par leur sourire et leur gentillesse, qui sont tout simplement là et qu'on affectionne".

"Durant les shootings nous parlions souvent de sa famille"

"J'ai travaillé plusieurs fois cette année avec lui. Toujours dans les rires, la complicité et la bonne humeur, confie Alyae. C'était quelqu'un de très bien, respectueux et respectable, qui avait une niaque impressionnante. Il allait toujours au bout de ses idées, quelles que soient les contraintes. Durant les shootings nous parlions souvent de sa famille et ses enfants pour lequel il vouait un amour profond".

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