"Appât de l'argent", "grossier", Bygmalion... ce livre qui raconte tout ce que pense François Hollande au sujet de Nicolas Sarkozy

LIVRE- Les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, publient ce jeudi 13 octobre "Un président ne devrait pas dire ça" (éditions Stock). Une série d'entretiens avec François Hollande sur son quinquennat. "L'Express" en publie les bonnes feuilles mercredi 12 octobre.

Hollande mise plutôt sur Sarkozy

Dans "Un président ne devrait pas dire ça" (éditions Stock), dont L'Express publie les bonnes feuilles ce mercredi 12 octobre, François Hollande prend position sur d'éventuelles consignes de vote en cas de duel opposant Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle.  


"Oui, moi je le ferais. J'irais, pour voter contre Le Pen. Il faut se rappeler, c'était déjà très dur pour moi d'appeler à voter Chirac en 2002. Aujourd'hui, Chirac a une bonne image, mais à l'époque, il était entouré par les juges, plein d'affaires, et il avait été très pénible dans la cohabitation contre Jospin (...) S'il fallait appeler à voter Sarkozy, on le ferait", confie-t-il. 


Interrogé sur l'issue de la primaire de la droite en août 2015, il lance : "Normalement, ce devrait être Sarkozy (...) Mais si, dans les sondages, il apparaît que Sarkozy ne peut pas gagner ou est fragile, alors les gens iront vers Juppé." 

Sarkozy "excessif" et "grossier"

Pour autant, le chef de l'Etat n'est pas tendre avec l'ex-président des Républicains dont il dénonce le "cynisme". "Je le trouve excessif  (il l'a toujours été), grossier (mais il ne l'a pas toujours été), alors que comme ancien président il devrait se maîtriser", commente François Hollande. "Et puis, je le trouve répétitif. Mais il a une ligne, ce qui n'est jamais mauvais en politique. Sa ligne c'est la peur." 


"Les cassettes" de l'ex-conseiller à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, "sont très importantes, non pas qu'elles révèlent quoi que ce soit  (il n'y a pas de secrets d'Etat) mais elles vont révéler ce qu'est ce type. Sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme", déclare à propos de son prédécesseur le chef de l'Etat.

Sarkozy et l'appât de l'argent

"Ce qu'on ne voit pas chez lui, c'est qu'il ne fait pas le partage entre ce qui est possible et ce qui n'est pas possible, le légal et le non-légal, le décent et le non-décent. Pourquoi cette espèce d'appât de l'argent ? (...) Il s'entoure de gens d'argent. Pourquoi ? (...) L'argent et toujours l'argent ! C'est ça qui est étonnant", souligne M. Hollande. 


Quand les deux hommes se retrouvent en décembre 2013, pour la première fois depuis la passation de pouvoirs un an et demi plus tôt, le chef de l'Etat est surpris que Nicolas Sarkozy "commence à (lui) parler de l'argent qu'il gagnait avec ses conférences". "Je me dis : il ne va pas oser quand même...", souffle-t-il avant de soupirer : "Uniquement l'argent ! Que l'argent...". 

Affaire Bygmalion : "S'il n'y a rien dans le dossier, c'est choquant"

Le chef de l'Etat semble parfois compatir aux ennuis judiciaires de son prédécesseur. Evoquant la géolocalisation par les juges de ses téléphones, il déclare: "S'il n'y a rien dans le dossier, c'est choquant, c'est vrai". "C'est hélas le comportement de la justice", lâche-t-il même. 


Quant à l'affaire Bygmalion, qui empoisonne Nicolas Sarkozy, il assure que sa mise en examen ne le réjouit pas: "Non. Un ancien président de la République qui passe douze heures dans le cabinet d'un juge d'instruction (...) C'est quand même éprouvant." 


"J'ai trouvé que la mise en examen sur ce point était peut-être automatique dès lors qu'il avait signé les comptes (de campagne) mais n'indiquait rien sur sa connaissance ou pas de l'affaire Bygmalion", ajoute-t-il. 

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"La femme voilée d'aujourd'hui sera la Marianne de demain."

François Hollande parle assez librement de la place de l'islam dans notre société. Je pense que, le sujet, il est par rapport aux Français : qu'est-ce qui fait que nous sommes, en France, même si nous habitons des territoires différents, liés par quelque chose qui nous dépasse?" [...] Il ose une formule choc : "La femme voilée d'aujourd'hui sera la Marianne de demain." 


"Parce que, développe-t-il, d'une certaine façon, si on arrive à lui offrir les conditions pour son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l'être, capable de porter un idéal. Finalement, quel est le pari que l'on fait ? C'est que cette femme préférera la liberté à l'asservissement. Que le voile peut être pour elle une protection, mais que demain elle n'en aura pas besoin pour être rassurée sur sa présence dans la société."  

"La gauche peut perdre sur le thème de l'identité."

"L'identité, conclut le chef de l'Etat, c'est plutôt l'idée de Nicolas Sarkozy. Le sujet existe, mais il ne peut pas être un thème fédérateur pour la gauche. La gauche ne peut pas gagner sur le thème de l'identité, mais elle peut perdre sur le thème de l'identité." 


[...] Le 23 juillet 2014, nous avons posé au chef de l'Etat la question suivante, de manière volontairement provocatrice : "Est-ce que c'est tabou aujourd'hui, en étant de gauche, de dire qu'il y a trop d'immigration ?" Nous ne nous attendions pas à cette réponse : "Je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration qui ne devrait pas être là", lâche-t-il.  


Abandonnant toute langue de bois, Hollande confie : "Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute." Evidemment, dans la bouche d'un président socialiste, un tel propos peut surprendre. Alors, on le presse de le préciser. "Il y a un problème avec l'islam, parce que l'islam demande des lieux, des reconnaissances, dit-il. 


Ce n'est pas l'islam qui pose un problème dans le sens où ce serait une religion qui serait dangereuse en elle-même, mais parce qu'elle veut s'affirmer comme une religion dans la République. Après, ce qui peut poser un problème, c'est si les musulmans ne dénoncent pas les actes de radicalisation, si les imams se comportent de manière antirépublicaine..." 

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