"Honteux", "justice à deux vitesse" : après le procès Lagarde, la relaxe dans l’affaire Wildenstein ne passe pas sur Twitter

"Honteux", "justice à deux vitesse" : après le procès Lagarde, la relaxe dans l’affaire Wildenstein ne passe pas sur Twitter
FRANCE
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RÉACTIONS – La relaxe générale surprise rendue dans l’affaire de "fraude fiscale" présumée visant les héritiers de la famille de marchands d’art Wildenstein provoque de vives réactions sur les réseaux sociaux. Pour de nombreux internautes, elle rappelle le procès Lagarde, dont la décision, très contestée, a elle aussi suscité de vifs commentaires.

Quelques semaines après la décision rendue par la Cour de justice de la République dans le procès Lagarde, une nouvelle décision de justice agite les réseaux sociaux. En reconnaissant lui-même que la décision rendue jeudi dans l’affaire Wildenstein pouvait être "incomprise" par l'opinion, le président du tribunal correctionnel de Paris Olivier Géron n’aura pas manqué d’alimenter les commentaires. 


Le tribunal a prononcé la relaxe générale pour les héritiers de la famille de marchands d’art Wildenstein et leurs conseillers, qui étaient poursuivis pour une vaste fraude fiscale, décrite par l’accusation comme "la plus sophistiquée et la plus longue" de l'histoire de la Vème République. Pour expliquer la relaxe des accusés,  tout en épinglant la "claire intention" de dissimulation des Wildenstein, le président a pointé les lacunes de l'enquête et des déficiences législatives en matière de lutte contre la fraude fiscale.

Sur Twitter, la décision suscite l’indignation de nombreux internautes : 

Bien que les affaires n’aient rien à voir, certains twittos n’ont pas hésité à faire le parallèle entre la relaxe des héritiers Wildenstein et la dispense de peine prononcée en faveur de la patronne du FMI et ancienne ministre de l’Economie Christine Lagarde, le 19 décembre dernier. Cette dernière a en effet été jugée coupable de "négligence" dans le traitement de l’arbitrage Tapie prononcé en 2008, qui avait abouti au versement de la somme de 400 millions d’euros à l’homme d’affaires. Pour autant, la patronne du FMI, qui risquait  jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende, a été dispensée de peine par la Cour de Justice de la République.

Après cette décision de la CJR, une pétition réclamant "un vrai procès pour Christine Lagarde" a recueilli à ce jour près de 250.000 signatures, signe de l’incompréhension de nombreuses personnes suite à l’absence de peine malgré la reconnaissance de culpabilité. De quoi alimenter les critiques sur une justice à deux vitesses. 

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Dans l’affaire Wildenstein, le président du tribunal Olivier Géron, s’il reconnaît que les montages réalisés par les accusés laissent transparaître une "volonté de dissimulation" et d'une "claire intention d'évasion patrimoniale et fiscale", souligne qu’une condamnation ne peut être prononcée sur la foi de cette seule "intention". Il s'est en particulier "étonné" que les législateurs français aient attendu 2011 pour clarifier la fiscalité des "trusts" - or, les faits poursuivis par le tribunal remontent à 2008 et 2009 -, alors que la justice s'interroge depuis plus d'un siècle sur ces montages financiers de droit anglo-saxon.

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