Il avait appelé le commissariat au nom du djihad : 9 mois ferme

Il avait appelé le commissariat au nom du djihad : 9 mois ferme

JUSTICE - Un homme de 24 ans, soupçonné d'avoir appelé plusieurs commissariats en France , dont celui de Nantes, pour annoncer des attentats au nom du djihad, a été condamné lundi à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer.

Des coups de téléphone qui avaient mis les policiers sur les nerfs. Un homme de 24 ans, soupçonné d'avoir appelé une dizaine de commissariats en France, dont celui de Nantes, pour annoncer des attentats au nom du djihad , a été condamné lundi à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

"Nous allons poser une bombe"

L’homme avait bien rodé sa technique : à l'aide d'un site Internet, il avait sélectionné une voix de femme annonçant par téléphone: "Nous sommes le djihad et nous allons poser une bombe au commissariat". A Nantes, par précaution, les policiers avaient évacué les lieux quelques heures.

Son dernier appel a été passé au commissariat de Calais, le 2 octobre dernier : il leur avait assuré qu’une bombe serait déposée le 4 octobre suivant, à 22 h 30. Chose curieuse, il avait alors décliné son identité et assuré qu'il vivait à Villeurbanne mais qu'il se trouvait alors à Calais. Les policiers l’avait rapidement localisé dans une chambre d'hôtel à Coquelles (Pas-de-Calais) et l’avaient interpellé le 3 octobre au petit jour.

"Pied nickelé"

Lors de l’audience au tribunal, le jeune homme a voulu se justifier : "J'étais énervé. Je voulais juste faire peur, je n'ai jamais fait de mal à personne". Le président du tribunal lui a toutefois rappelé qu’à la fin de sa garde à vue, il s’était mis "à hurler et avait menacé de tuer tout le monde". Le jeune homme a reconnu les faits, expliquant qu'il était "énervé", avançant des explications confuses et une volonté de "sanctionner" sa mère.

Son avocate Frédérique Jacquart, qui a qualifié son client de "pied nickelé", a expliqué que ce dernier "en veut à la société", depuis une agression par des migrants en mars 2006 à Calais, après laquelle ces derniers, condamnés à six mois de prison ferme n'ont pas purgé leur peine. Le tribunal lui a infligé 18 mois dont neuf avec sursis, une peine légèrement moins lourde que les dix-huit mois de prison dont six avec sursis et mise à l'épreuve de deux ans, requis par le procureur pour avoir "semé la terreur". Le prévenu comptait 12 mentions à son casier judiciaire, essentiellement pour des appels malveillants.
 

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