"Il faut que le 7 janvier devienne un jour férié pour ne pas oublier les victimes"

FRANCE
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INTERVIEW - Anne-Sophie Lesieur, étudiante à l'université Jean-Jaurès à Toulouse, a lancé au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo une pétition demandant à faire du 7 janvier un jour férié. Pour elle, cette journée permettrait de rendre hommage aux vingt victimes de l'attentat et de la prise d'otages et de défendre la liberté d'expression. Elle a, pour l'instant, recueilli plus de 250 signatures.

Comment vous est venue l’idée de lancer cette pétition ?
Lorsque j’ai appris la nouvelle de l’attentat à Charlie Hebdo, j’étais sous le choc. Rapidement, j’ai ressenti de la colère qu’on puisse assassiner des journalistes, des policiers ou de simples citoyens. Ces gens-là n’avaient fait de mal à personne, ils ne méritaient pas de mourir. Face à cette barbarie, on se sent impuissant. J’ai manifesté pour la première fois de ma vie mercredi et samedi lors des rassemblements d’hommage. Mais je voulais aussi agir,  alors j’ai lancé cette pétition.

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Quel sens voulez-vous lui donner ?
Elle demande à faire du 7 janvier un jour férié en mémoire de toutes les victimes de cet attentat. Je voudrais aussi que cette journée soit dédiée à la liberté d'expression, de la presse et des médias. Après cette mobilisation énorme, il ne faut pas que, dans un mois, nous oubliions les victimes. S'ils n'ont pas de jour férié, les Américains se souviennent chaque année de leur 11 septembre. Or, si les pouvoirs publics n’organisent pas une journée spéciale, les Français ne le feront pas d’eux-mêmes. A Toulouse, on ne s'est pas assez mobilisés après l’affaire Merah. Mais samedi, nous étions 120 000 personnes dans la rue, ça m’a profondément touchée, nous étions tous soudés, c’est le signe que nous savons être solidaires, qu'il y a eu une prise de conscience car nous avons déjà vécu cela.

En matière de signatures, quel objectif vous êtes-vous fixé ?
Dans un premier temps, j’aimerais franchir la barre des 1000 signatures. Mais pour que la pétition ait du poids, il faudrait que nous soyons un million. Nous pourrions alors la porter devant le président de la République. Pour l’heure, nous sommes près de 300. Je continue de diffuser la pétition sur les réseaux sociaux, auprès de personnalités, mais aussi d’humoristes. Mais je ne veux pas qu’elle soit portée par des politiques, je ne veux pas qu’elle soit récupérée, c’est une simple pétition citoyenne, comme auraient dû le rester les marches républicaines qui se tiennent dans toute la France ce week-end.

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