Il veut récupérer son enfant né sous X : décision le 25 novembre

Il veut récupérer son enfant né sous X : décision le 25 novembre

JUSTICE – La cour d’appel de Rennes examinait le cas d’un père qui veut récupérer la garde de son enfant biologique. Il a longtemps ignoré que son ex-femme avait accouché sous X, et que son enfant avait été confié au conseil général.

En avril dernier, il avait gagné la garde de son fils, né sous X . Mais le conseil général de Loire-Atlantique avait fait appel de la décision. Le combat en justice de Yoan Delorme, 29 ans, continue. Lundi, son cas était étudié devant la cour d’appel de Rennes.L'avocat général a requis la restitution à son père biologique de l’enfant de 18 mois, qui a été confiée depuis à une famille adoptante. La décision a été mise en délibéré au 25 novembre.

L’histoire est complexe. En première instance, le 24 avril dernier, le tribunal de grande instance de Nantes avait ordonné la restitution de l'enfant à son père mais le conseil général de Loire-Atlantique avait interjeté appel au nom de l'intérêt de l'enfant, alors âgé d'un an, déjà placé dans sa famille adoptante. "Il y a l'intérêt de l'enfant de connaître ses origines, de savoir qu'il a un père qui ne l'a pas abandonné, qui n'a cessé de le réclamer depuis avant même sa naissance", a souligné Me Pauline Loirat, l'une des avocates du père biologique, Yoan Delorme.

"Un placement trop hâtif"

Un autre de ses conseils, Me Pierre Verdier, président de la "Coordination des actions pour le droit à la connaissance des origines", estime que "le placement en vue d'adoption de l’enfant a été trop hâtif".

Mais de son côté, l'avocat du conseil général de Loire-Atlantique, Me Jean-Christophe Boyer, a souligné que le père biologique avait tardé à faire connaître son intention vis-à-vis de l'enfant, se contentant dans un premier temps de demander la suspension de la procédure d'adoption : "Si Yoan Delorme avait demandé, réclamé son enfant (né en avril 2013), dès le 12 juillet 2013 (date à laquelle il s'est manifesté, dans les délais, ndlr), il l'aurait eu", a-t-il déclaré.

"Des risques de déstructuration de l'enfant"

"Alors que la loi permet et demande à la cour d'appel de s'interroger sur l'intérêt de l'enfant, il n'y a pas une ligne dans les conclusions du parquet général sur l'intérêt de l'enfant en tant que lui-même, il y a juste une volonté de désamorcer un dossier, je pense, qui dérange au niveau de la Chancellerie", a-t-il ajouté.

L'avocat a indiqué avoir produit à l'audience "plus d'une dizaine d'expertises de cet enfant par des grands noms des différents CHU de France, psychanalyste et médecins psychiatres qui tous, unanimes", soulignent les risques de déstructuration de l'enfant s'il était enlevé à sa famille adoptante chez qui il vit depuis un peu plus d'un an.

"M. Delorme va jusqu'à vouloir changer l'identité même de l'enfant puisqu'il veut en changer le prénom, un enfant qui a 18 mois, qui sait qu'il s'appelle Célestin. Comment voulez-vous qu'il se structure à l'avenir si jamais on va lui nier sa première identité de ses deux premières années de vie pour lui en donner une nouvelle ?", s'est en outre interrogé Me Boyer.

Un choix confirmé par le père biologique Yoan Delorme qui a indiqué à la sortie de l'audience : "Le conseil général a donné trois noms, Célestin, Paul, Hugo et moi, ça va être Brandon", a-t-il déclaré, estimant que cela ne déstabiliserait pas son fils. "Moi, mon fils, je me battrai jusqu'au bout pour l'avoir", a-t-il ajouté.
 

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