Ils étudient une bactérie pour soigner les platanes du Canal du Midi

Ils étudient une bactérie pour soigner les platanes du Canal du Midi
FRANCE

RECHERCHE – Onze étudiants de l'INSA et de l'université Paul Sabatier développent une bactérie capable de soigner les platanes atteints du chancre coloré. Ils devraient présenter leur résultat au MIT de Boston en ocotbre prochain.

Et si le salut des platanes malades du Canal du Midi venait d'étudiants toulousains? Depuis janvier, onze garçons et filles suivant un cursus d'ingénieurs en sécurité alimentaire, en bioinformatique ou en microbiologie à l'INSA et à Paul Sabatier se penchent sérieusement sur la question.

Ils ont isolé une bactérie présente dans la sève des platanes, la bacillus subtilis, capable de s'attaquer au champignon tueur, le chancre coloré. "L'idée est de faire porter à cette bactérie trois fongicides, que l'on retrouve dans la cacahuète ou les orchidées, afin d'éradiquer le chancre coloré", résument Aurélie, Pierre et Florie trois des étudiants qui travaillent depuis de longues semaines sur le sujet.

Le projet présenté à Boston

Baptisé Subtitree, le programme devrait figurer en novembre prochain parmi les 254 projets présentés dans le cadre du concours IGEM organisé par le prestigieux MIT de Boston. Annuelle, elle meurt l'hiver, et incapable de se transmettre son identité génétique aux autres cellules vivantes de l'arbre, cette bactérie est la première alternative proposée à l'abattage systématique des milliers d'arbres du Canal du Midi.

Seule alternative à l'abattage des arbres

Soutenu par l'INRA, le programme a reçu lors d'un colloque organisé à l'INSA il y a quelques jours le soutien indéfectible de dizaines de spécialistes. "C'est un projet original et prometteur", lance de son côté Brice Enjalbert, enseignant en biologie moléculaire et qui supervise avec d'autres professeurs l'avancée des travaux des étudiants. En septembre, ils devraient expérimenter l'efficacité de la bactérie grandeur nature en la testant sur une plante avant de pouvoir présenter leur dispositif à Boston.

Si les résultats s'annoncent concluants, le brevet pourrait être repris par des laboratoires ou des firmes privées afin de développer à grande échelle la production de bactérie tueuse de chancre. Et pourquoi pas appliquer la méthodologie à des maladies touchant d'autres plantes.

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