Immobilier : les péniches, un rêve difficile à concrétiser

FRANCE
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IMMOBILIER - Habiter sur l'eau à côté de Paris c'est tentant mais, si les prix à l'achat semblent moins élevés, résider sur un bateau reste un mode de vie onéreux.

C’est un trou de verdure, un quai aux faux airs de campagne à quelques dizaines de mètres du bois de Boulogne. Plusieurs dizaines de péniches y stationnent à l’année, face à l’île de Puteaux, sur la Seine. "On vit au milieu de la nature alors que nous ne sommes qu’à 10 minutes de la place de l’Etoile ! Avec, en prime, plus de liberté et moins de stress !" s’exclame Nathalie Desbonnets, propriétaire d’une péniche amarrée sur la berge.

Difficile cependant d’atteindre cet eldorado tant les biens à la vente sont rares. "Chaque année, je vends entre 6 et 10 péniches, déclare Nathalie qui gère, depuis plus de dix ans, l’agence Seine Plus , spécialisée  dans la vente de bateaux-logements. Je reçois plus de demandes que d’offres d’achat." Heureusement, "on trouve de tout parmi les péniches à la vente", estime Nathalie. De la vedette de 30 mètres carrés vendue 150.000 euros à une grande péniche très bien finie et bien située affichée à 1.500.000 euros. Mais la plupart des ventes de Nathalie s’effectuent autour de 1.200.000 euros pour des péniches au "gabarit Freycinet" (38,5 mètres sur 5,05 mètres).

Des frais multiples

Des tarifs à l’achat qui restent encore inférieurs de 40% environ à ceux de l’immobilier traditionnel mais qui pourraient rapidement les rattraper. A ce prix de vente s’ajoutent la location de l’emplacement (jusqu’à 1000 euros par mois à Paris), le paiement des taxes d’habitation et foncière, une assurance plus chère (environ 1500 euros par an), des frais d’entretien assez élevés.

Autre frein à l’achat : trouver un emplacement pour sa péniche si celle-ci n’en a pas. "La liste d’attente est très longue", affirme Bernard Kuntz, le président de la Fédération des associations et usagers de la voie d’eau (Fauve), qui pointe la multiplication des contentieux "non justifiés" avec Voies navigables de France, le gestionnaire des berges, qui attribue les emplacements et distribue les amendes en cas de non-respect de la législation. Pour lui, la vie en bateau n’est pas si simple et nécessite de bien se renseigner avant.

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