Les trois prérequis pour être un bon militaire, selon le nouveau chef d'état-major des armées François Lecointre

FRANCE

DÉFENSE - François Lecointre vient tout juste d'être nommé chef d'état-major des armées. En 2007, ce militaire chevronné évoquait dans un article les trois prérequis pour être prêt au combat. Morceaux choisis.

Sa bravoure l’a élevé au rang de "héros reconnu comme tel dans l'armée", selon les mots d’Emmanuel Macron. Mercredi, le général François Lecointre a été nommé chef d'état-major des armées à la suite de la démission du général Pierre de Villiers. Connu pour ses nombreux faits d'armes (notamment en Bosnie-Herzégovine et au Rwanda), cet homme de 55 ans est également un collaborateur régulier d’Inflexion, une revue éditée par l’armée de terre. 

Il y partage notamment ses réflexions profondes sur le métier de militaire. Comme dans cet article où il détaille les trois valeurs transmises aux militaires français afin de les conditionner au combat. A savoir : "Une exigence éthique, une interdépendance objective entre les hommes et surtout le culte et la pratique de l’intelligence". Et le général d’étayer son propos : "L’éthique parce que le fait de devoir tuer quelqu’un (...) sur ordre est une chose extrêmement difficile qui ne peut être faite qu’en ayant recours à sa propre violence".

De cette éthique découle l’héroïsme, "cette idée que l’on va mettre sa propre vie en danger au moment où l’on est obligé d’aller donner la mort", souligne François Lecointre avant d’ajouter : "L’héroïsme me paraît ainsi être une notion éthique spécifiquement militaire qui illustre bien comment, de la fonction de combat, découlent des exigences éthiques et des codes d’honneur".

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"La défaillance de l’un entraîne un surcroît de danger pour les autres"

Le nouveau chef d’état-major des armées poursuit en explicitant le concept d’interdépendance objective, "une solidarité objective puisque l’action au combat se fait forcément à plusieurs et la défaillance de l’un entraîne un surcroît de danger pour les autres. Ainsi, "le combat, en soi, crée les conditions objectives de la solidarité forte", estime-t-il. 

Enfin, l’intelligence : "Aujourd’hui, un caporal commande parce que les conditions actuelles de nos engagements font que nous ne pouvons nous reposer que sur la capacité d’initiative et sur l’intelligence des situations des plus petits échelons d’exécution". Mais pour François Lecointre, "l’intelligence est aussi nécessaire parce que nous ne pouvons pas imaginer faire ce métier et combattre sans qu’il y ait une finalité à l’action de combat. Pour pouvoir tuer quelqu’un et risquer sa propre vie, il est nécessaire de pouvoir se référer  à une raison supérieure". Laquelle nécessite "une grande réflexion sur son métier et sur son engagement."

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