Intervention de Nicolas Sarkozy : "Il s'est posé en maître d'école"

Intervention de Nicolas Sarkozy : "Il s'est posé en maître d'école"

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Virginie Spies, sémiologue et maitre de conférences à l'Université d'Avignon, analyse pour Metro l'intervention du chef de l'Etat

Comment avez-vous jugez la rhétorique de Nicolas Sarkozy dimanche soir ?
Dès le départ, il a employé un vocabulaire très anxiogène : "crise financière", "catastrophe", "tourmente", "tsunami"... En même temps, il a affirmé qu'il avait été là pour agir et que les résultats étaient meilleurs que prévus. Tout au long de l'interview, il a cherché à dire qu'il avait une carrure de chef et qu'il le restait quoi qu'il arrive.

Nicolas Sarkozy devait tenter de reprendre la main. Comment cela s'est traduit dans son discours ?
Il a voulu montrer qu'il restait le Sarkozy qu'on connaît : toujours dans l'action, dans l'urgence. Et la meilleure façon de le faire, c'est de donner des dates, : "Demain, le Premier ministre va téléphoner aux partenaires sociaux" ; En février, on va prendre des mesures sur le logement"... Ce qui est très intéressant du point de vue linguistique et sémiologique chez lui, c'est aussi le mélange, très habile en terme de communication politique, qu'il fait entre le je, qui le concerne lui bien sûr, et le nous de son gouvernement. "Je veux", "je l'assume" d'un côté. "Nous avons fait avec François Fillon" de l'autre. Il réaffirme ainsi son autorité de chef, mais en même temps montre qu'il n'est pas un homme seul.

Il n'a pas annoncé sa candidature. Mais à quels moments a-t-on vu transparaître le candidat à la présidentielle?
C'était vraiment en pointillé tout a long de l'interview, notamment lors de tous ces moments où il a attaqué la gauche sans jamais donner aucun nom : "On vend des rêves à bon marché", "c'est le niveau du caniveau", "la retraite à 60 ans, c'est de la folie". Là, il s'est vraiment exprimé comme un candidat, comme s'il venait de débarquer et n'était pas chef de l'Etat depuis cinq ans. Une autre chose essentielle, c'est sa volonté de faire de la la pédagogie : "concrètement ça veut dire que", "j'aimerais expliquer aux Français la situation telle qu'elle est", "il faut être précis". Il s'est posé en maître d'école. C'est le candidat qui se situe au-dessus des autres. Il s'est présenté comme étant le seul crédible, qui ne va pas vendre du rêve aux Français.

Nicolas Sarkozy a ébauché un mea-culpa...
C'est ce côté humain qu'il essaie toujours de mettre dans sa communication. Ce n'est vraiment pas nouveau. Il est bon en story-telling : il se positionne comme quelqu'un d'humain qui fait des erreurs. On pardonne toujours plus facilement à quelqu'un qui agit ainsi.

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