Jean-Luc Moudenc: "On ne renoncera pas à notre projet"

Jean-Luc Moudenc: "On ne renoncera pas à notre projet"

POLITIQUE – Le 10 juillet prochain, Jean-Luc Moudenc fêtera ses 100 jours à la tête du Capitole. Pour metronews, il revient sur les premières mesures prises dès son élection et la mise en application des grandes lignes de son programme.

Quel bilan tirez-vous des 100 premiers jours de votre mandat?
On avait pris l'engagement auprès des Toulousains de mettre en œuvre 20 mesures dans les 100 jours et la plupart sont enclenchées. Donc on a respecté notre parole malgré les contraintes financières plus fortes que prévues que nous avons trouvé en arrivant aux responsabilités. On ne renoncera à rien!

Quelle est la question qui vous a semblé la plus préoccupante?
Les questions de sécurité préoccupent les Toulousains depuis plusieurs années. Le professionnel de sécurité a été nommé au lendemain de mon élection, on a commencé à enclencher l'embauche de 30 policiers supplémentaires qui seront présents en septembre. Nous avons entamé la rédaction du cahier des charges pour consulter un cabinet spécialisé afin de déterminer l'implantation des caméras de vidéo protection. Les choses sont bien enclenchées comme promis.
 

Une polémique est née avec la municipalité précédente sur le déficit du budget 2014….
La situation financière de la ville est plus dégradée que ce que je pensais. D'ici la fin de l'année, si j'exécute le budget comme l'avait prévu mon prédécesseur et qui a été voté avant Noël, la ville devra être endettée à hauteur de 100 millions d'euros fin 2014 ce que je ne souhaite pas. Quand l'emprunt est réalisé pour équilibrer le budget comme ça menace d'être le cas, alors je dis que c'est de la mauvaise gestion. Cela m'inquiète.
 

Cela signifie-t-il que vous allez renoncer ou retarder certains de vos projets?
Il n'est pas question de remettre en cause des projets que nous avons porté devant les Toulousains. J'ai été élu pour mettre en œuvre mon projet et je le ferai sans rien édulcorer. Les Toulousains m'ont élu aussi pour que la ville soit bien gérée à nouveau. Dès le début du mandat je dois prendre des mesures pour le budget 2014 pour permettre une bonne gestion jusqu'en 2020. Si on veut que le budget 2014 ne finisse pas avec une dette de 100 millions d'euros, il faut prendre des décisions d'ici la mi-juillet. On n'a pas le choix. Mon but est de limiter le recours à l'emprunt et de bâtir un budget 2015 qui sera équilibré. Car nous avons pris l'engagement auprès des Toulousains de limiter la pression fiscale et de ne pas augmenter l'impôt municipal. La mise en œuvre de cet engagement suppose une rigueur de tous les instants et de toutes les années du mandat.
 

Depuis plusieurs semaines vous pointez du doigt la baisse des dotations de l'Etat ….
Les dotations de l'Etat vont être réduites d'une façon drastique. On connaîtra les arbitrages en octobre 2014, mais cela va être un choc sur les budgets de 2015 à 2017. Nous ne renoncerons pas à notre projet, mais nous serons contraints d'adapter le rythme de réalisation à nos ressources qui vont évoluer. Cette mesure a été annoncée le 8 avril 2014, chose qu'on ne pouvait pas deviner pendant la campagne.

Vos premières mesures ont concerné la culture avec la suppression de Skerzo, l'abandon de la maison de l'image, l'aménagement de la Fête de la musique. Le monde de la culture doit-il encore s'inquiéter?
On parle de ce qui a été supprimé mais on n'évoque pas ce qui a été maintenu. En réalité sur une centaine d'évènements culturels annoncés d'ici la fin de l'année 2014, la totalité des autres sont maintenus. Quand on cite quelques exemples je crains qu'il y ait un effet d'optique et que l'on fasse une conclusion "la culture est remise en cause à Toulouse" alors qu'en réalité on est sur des décisions marginales. Comme avant 2008 quand j'étais maire, le budget de la culture est le plus important, pas question de remettre en cause la vie culturelle toulousaine. Pour Skerzo, on s'est retrouvés avec une facture annoncée de 200 000 euros … pour une création qui existe déjà! Quant à la maison de l'image, c'est un problème différent. Elle était censée concerner le monde de la culture, mais je n'ai pas entendu une seule protestation du milieu culturel, je n'ai entendu que des protestations politiques des élus désavoués par les Toulousains dans les urnes il y a quelques semaines. Tout cela m'a conforté dans l'idée que ce projet était artificiel. Ma ligne de conduite est : quand un projet prévu par la majorité Cohen est bon et utile on le maintient, quand il n'est pas prioritaire, pas bon ou pas utile on le supprime.
 

Toulouse est la 7ème ville la plus embouteillée. Quelles sont les mesures que vous allez prendre pour résoudre cette situation?
Il faut mettre en œuvre les solutions structurantes de long terme qui verront le jour dans une dizaine d'années : la 3ème ligne de métro et la 2nde rocade. Pour la 3ème ligne de métro, Jean-Michel Lattes (1er adjoint en charge des déplacements Ndlr) s'emploie à déclencher les études à partir de l'automne. Pour la 2nde rocade, qui reliera l'A61 à l'A62, il faut inscrire des crédits d'études au contrat de plan. A court terme, nous allons prendre des mesures d'ici deux ans. On veut redonner plus d'attractivité au métro, ouvert jusqu'à 3h du matin vendredi et samedi, doublement des rames aux heures de pointe afin de décongestionner la circulation automobile. D'ici fin 2014, un diagnostic sur l'offre bus sera établi afin d'améliorer les dessertes et les fréquences dans les quartiers de Toulouse. On souhaite également discuter avec l'Etat pour organiser sur la bande d'arrêt d'urgence du périphérique une offre de bus circulaire. Enfin concernant le TGV, je souhaite que l'Etat réunisse le comité des financeurs car il semblerait que la facture de l'infrastructure s'est alourdie, 400 millions d'euros selon Jean-Louis Chauzy (président du Conseil économique, social et environnemental de Midi-Pyrénées Ndlr), et dans le même temps un certain nombre de collectivités se sont désengagées.
 

Différentes agressions se sont déroulées récemment à Toulouse. Des caméras ou des renforts policiers qui figurent dans votre programme auraient-elles pu éviter ces drames?
A partir du moment où on met davantage de moyens humains et techniques on réduit le risque, même si malheureusement on ne le supprime jamais. Cela me conforte dans l'idée d'en avoir fait une priorité. C'est pour cela qu'on a lancé le recrutement de policiers supplémentaires, l'implantation de caméras et la réforme de l'office de la tranquillité afin qu'il soit plus opérationnel. Je souhaite le maintien de cet office et qu'on le réforme pour lui donner une dimension opérationnelle supplémentaire avec des brigades d'intervention rapides (BIR). D'ici deux ans quand on aura la généralisation de la vidéo protection, le renforcement des effectifs des policiers municipaux, la réforme de l'Office de la Tranquillité, les brigades de nuit renforcées, je suis sûr qu'on aura davantage de résultats. Les Toulousains sentiront une amélioration forte dans leur sécurité.
 

Dans le projet de réforme territoriale, Midi-Pyrénées est associé avec le Languedoc-Roussillon. Auriez-vous préféré être associé à l'Aquitaine?
Si on m'avait demandé mon avis j'aurai plaidé pour une région sud-ouest. Je ne vais pas faire la moue si je vois Montpellier et pas Bordeaux. Mais je trouve curieux que l'Aquitaine n'ait été mariée à aucune autre région alors que nous avons des coopérations avec elle sur l'Aerospace Valley par exemple. Ce découpage n'apportera pas grand-chose dans l'immédiat si ce n'est des complications et des surcoûts. Ce que je souhaite c'est que les coopérations concrètes puissent perdurer, notamment dans les domaines de l'économie touristique et de santé, qui sont des atouts de Languedoc-Roussillon.
 

Entre 2008 et 2014, les Toulousains vous ont beaucoup vu au quotidien sur le terrain. Allez-vous conserver ces habitudes maintenant que vous êtes élu au Capitole?
Depuis mon élection je n'ai pas pu faire de visites de terrain comme je l'aurais souhaité mais les maires de quartier ont été nommés dès le 4 avril. A partir de la rentrée je reviens sur le terrain et je souhaite organiser mon agenda en prenant des demi-journées ou des journées entières. Je ne veux surtout pas couper avec ce que j'ai fait pendant six ans qui a été un atout pour la pertinence de notre projet et la campagne électorale. Les Toulousains ne le comprendraient pas. Il y a des erreurs d'éloignement de terrain commises par la municipalité précédente qu'il ne faut pas renouveller.
 

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