Jean-Noël Guérini "est Charlie" mais oublie le journal satirique "Le Ravi"

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PRESSE – Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône présentait vendredi ses vœux à la presse. Jean-Noël Guérini a affiché son attachement à la liberté d’expression, ce qui a étonné le rédacteur en chef du journal "Le Ravi" : depuis un an, le département ne soutient plus ce mensuel satirique pourtant en redressement judiciaire.

A l’occasion de ses vœux à la presse et suite à l’attentat perpétré mercredi dernier à l’encontre de Charlie Hebdo, Jean-Noël Guérini a tenu à marquer son attachement à la liberté d’expression. "Jamais je n’ai remis en cause la liberté des journalistes malgré les attaques répétées", a-t-il spécifié devant toute la profession réunie vendredi au conseil général des Bouches-du-Rhône.

Un attachement qui a surpris Michel Gairaud, rédacteur en chef du mensuel satirique et indépendant Le Ravi . Effectivement, son journal, qui est en redressement judiciaire, ne reçoit plus de subsides du département depuis plus d’un an.

Guérini actionnaire principal du Ravi ?

Il n’a pas manqué de le faire savoir lors de son tour de parole : "En 2014, nous avons reçu zéro euro de la part du département, alors qu’il existe une ligne budgétaire Aide aux médias associatifs". Le fondateur du nouveau parti Force du 13 a alors rétorqué qu’ayant "toujours rêvé de devenir patron de presse", il proposait "à titre personnel, de devenir actionnaire principal de (leur) journal".

Interloqué, Michel Gairaud a commenté dans l’après-midi cette réaction : "Nous sommes un journal associatif, nous ne relevons pas d’un actionnariat classique. Il est étonnant que, m’adressant au président du conseil général, ce soit l’individu Jean-Noël Guérini qui me réponde. Il parle de nous acheter, mais nous ne sommes pas à vendre. En 2015, nous allons demander à nouveau au département ces fameuses aides aux médias associatifs".

Selon Michel Gairaud, en 2013, son journal a touché 15.000 euros de la part du département, qui lui achetait par ailleurs quelques espaces publicitaires. "Il est légitime de demander un soutien aux institutions publiques pour faire vivre le pluralisme de la presse. Nous ne pouvons dépendre des seules lois du marché", souligne le rédacteur en chef.

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