Kerviel, "serein", va-t-il être arrêté à son retour en France ?

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JUSTICE - L'ex-trader Jérôme Kerviel, condamné à trois ans de prison ferme, fera un médiatique come-back en France samedi après avoir marché depuis Rome. Il a appelé ses fans sur les réseaux sociaux à le rejoindre au poste frontière de Menton, tandis que le parquet général de Paris l’a convoqué au commissariat de cette commune. Vendredi, il s'est dit "serein" malgré la perspective d'une "terrible" privation de liberté.

Son pèlerinage va-t-il s'achever en menottes ? Jérôme Kerviel a jusqu’à dimanche soir pour répondre à une convocation du parquet général de Paris au commissariat de Menton (Alpes-Maritimes) en vue de sa possible incarcération. Définitivement condamné à trois ans de prison pour avoir fait perdre près de 5 milliards à la Société générale, l'ex-trader effectue depuis début mars une marche très médiatique entre Rome et Paris, après avoir rencontré le pape au Vatican. Il a prévu de franchir la frontière franco-italienne samedi à 15 heures, donnant rendez-vous à ses fans sur les réseaux sociaux. Le président de son comité de soutien Monseigneur di Falco sera également présent.

Les retrouvailles se dérouleront dans une ambiance particulière. Car à peine Jérôme Kerviel aura-t-il posé un orteil en France qu’il sera potentiellement en situation d’être interpellé par les policiers, afin de purger sa peine. Faute de présentation au commissariat mentonnais, il sera requis directement l'assistance de la force publique à l'effet d’exécuter la peine prononcée à son encontre", a précisé le parquet général de Paris dans la lettre qui lui a été adressée par le biais de son conseil.
 
"Mon seul objectif est de finir cette marche"

Pour repousser l'inexorable, Mgr di Falco a adressé lundi un courrier au président François Hollande. L’homme d’église lui demande d'intercéder afin que l'ancien trader n'aille pas directement en prison "tant que la vérité ne sera pas faite quant aux responsabilités réelles encourues par la banque". Rebelote vendredi matin. Cette fois, c’est son avocat qui a écrit au président de la République dans un document publié dans le journal L’Humanité.

Joint par metronews, le parquet de Nice, qui a hérité de cet encombrant dossier, n’a pas souhaité indiquer quelle sera sa décision quant à une éventuelle arrestation de Jérôme Kerviel lorsque l’ultimatum qui lui a été lancé aura expiré. Une interpellation samedi à son arrivée, en présence des médias, parait peu probable. En revanche, à partir de lundi matin, tout est possible.

Cela dépendra aussi de l’attitude de l’ex-trader ,qui devrait indiquer samedi s’il continue sa marche vers Paris ou s’il se constitue prisonnier. Dans une interview vendredi matin au micro de France Bleu Côte-d’Azur celui-ci a botté en touche. "Je ne pense pas à ça aujourd’hui. Ce soir (NDLR vendredi), je retrouve mon avocat et mon comité de soutien et on va en parler. Je me poserai la question demain matin (…) Aujourd’hui, mon seul objectif est de finir cette marche". A la veille de franchir la frontière, le jeune homme s'est dit serein". "Evidemment qu'on craint la prison", a-t-il toutefois ajouté, "la privation de liberté est quelque chose de terrible".

 

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