L'État compte débourser 300 milliards d'euros pour rénover les équipements de l'armée

L'État compte débourser 300 milliards d'euros pour rénover les équipements de l'armée

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BUDGET - Le projet de Loi de programmation militaire présenté ce jeudi lors du Conseil des ministres prévoit d'allouer 1,7 milliard d'euros supplémentaires chaque année, jusqu'en 2022, pour notamment rénover les équipements vieillissants de l'armée.

"Un effort budgétaire inédit", selon les dires du président Emmanuel Macron.En effet, le gouvernement français ambitionne d'augmenter le budget dédié aux dépenses de la défense de 1,7 milliard d'euros supplémentaire par an (d'ici à 2022) puis de 3 milliards de 2023 à 2025. 


Ainsi, ce nouveau projet de Loi de programmation militaire (LPM) va consacrer 295 milliards d'euros afin de régénérer les hommes et moderniser les équipements, durement sollicités, tout en préparant l'avenir. Cette somme, qui représente 2% du PIB de la France, est conforme à ce que réclame l'Otan de la part de ses membres indique donc LPM ce jeudi au Conseil des ministres.

Incertitude

Pourtant, cette trajectoire budgétaire ascendante contraste avec les réductions d’effectifs et les tensions financières endurées pendant plus d’une décennie par l’institution militaire, notamment avant un redressement amorcé après les attentats de 2015.

De plus, une incertitude demeure quant à la forte hausse des moyens programmée en 2024 et 2025, au-delà du quinquennat Macron. Pour l’heure, ce sont 198 milliards d’euros, de 2019 à 2023, qui sont "couverts de manière ferme", souligne-t-on au ministère. 


Les montants des années suivantes seront "précisés" lors d’une actualisation de la LPM en 2021. L’ancien chef d’Etat-major des armées Pierre de Villiers a appelé à la vigilance ce mercredi sur France 3, en soulignant que la mise en oeuvre de ces projections budgétaires était rarement fidèle aux engagements initiaux.  "Evidemment, nous avons l’expérience, il faudra être vigilant" sur l’exécution de ces engagements, a lancé le général, qui a démissionné en juillet 2017 après un conflit avec le chef de l’État en raison de coupes budgétaires.


Le projet de LPM souhaite en priorité l’amélioration du quotidien du soldat et à la modernisation d’équipements à bout de souffle, alors que la France est engagée tous azimuts, au Sahel (opération Barkhane), au Levant (Chammal) et sur le territoire national (Sentinelle).

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S'occuper des soldats

Après quelque 60.000 suppressions d'effectifs entre 2005 et 2015, le ministère des Armées a ainsi décidé de créer 6.000 postes d'ici à 2025, en particulier dans la cyberdéfense (1.500) et le renseignement (1.500). Pour améliorer les conditions des 200.000 militaires français et les fidéliser, la LPM augmente nettement les crédits consacrés aux petits équipements (+34% sur 2019-2023) - gilets pare-balles, treillis... -, à l'entretien du matériel (+30%) et aux infrastructures (+71%), très longtemps négligées, rapporte l'AFP.

Futuristes

L'accent va être également placé sur les capacités de renseignement (avions, drones, satellites...) susceptibles d'accroître l'autonomie stratégique française et européenne. L'armée de Terre va voir le renouvellement accéléré de ses véhicules blindés médians (programme Scorpion), dont 50% des nouveaux modèles seront livrés d'ici à 2025. Les fameux véhicile de l'avant-blindé (VAB), 40 ans au compteur, seront remplacés par les blindés Griffon, dont 150 exemplaires supplémentaires seront commandés.


La Marine obtient pour sa part quatre pétroliers ravitailleurs nouvelle génération, dont deux d'ici à 2025, un bâtiment spécialisé dans le recueil de renseignement, et 19 patrouilleurs au lieu des 17 prévus pour surveiller les zones économiques exclusives françaises Outre-mer. L'armée de l'Air se voit allouer huit avions légers de surveillance, et le renouvellement accéléré de sa flotte quinquagénaire d'avions ravitailleurs Boeing KC-135 par 15 A330 MRTT, dont 12 seront livrés en 2023.


Pour continuer à préparer l’avenir, la France va lancer des études sur le remplacement de son unique porte-avions, qui sera retiré du service vers 2040. Seront également financées des études sur le système de combat aérien du futur et sur le char de combat du futur.

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