La colocation solidaire prend ses quartiers au Mirail

FRANCE

LOGEMENT - Le dispositif Koloc’ à projets solidaires (Kaps) recrute actuellement des étudiants pour ses colocations à loyer modéré en échange d'un engagement citoyen. Dès la rentrée prochaine, soixante-dix étudiants investiront de nouveaux logements dans le quartier du Mirail.

Quatre ans après son lancement, le dispositif Koloc’ à projets solidaires (Kaps) prend de l'ampleur à Toulouse. Lancé en 2010 par la municipalité, le Crous et l’association de la Fondation Etudiante pour la Ville (AFEV), il permet à des étudiants de bénéficier d’un logement à loyer modéré en échange de leur investissement dans des associations de quartier.

230 euros de loyer en moyenne

"Jusqu'ici, les Kaps étaient au stade de l'expérimentation et concernaient une vingtaine d'étudiants logés dans les quartiers Saouzelong, Empalot et Bagatelle. Leur investissement a été très apprécié. Par exemple, un groupe a créé des ateliers de partage avec des personnes âgées à Bagatelle. Cela créé du lien social. Il a donc été décidé d'étendre le dispositif", explique Morgane Pagès, chargée de mission à l’AFEV.

Dès septembre prochain, soixante-dix nouveaux "kapseurs" investiront ainsi des logements rénovés dans le quartier du Mirail pour des loyers fixés à 230 euros en moyenne. Vingt-quatre appartements allant du T3 au T6 , avec des chambres d'une dizaine de mètres carrés et des espaces de vie commune, seront dédiés à ces colocations solidaires dans l’aile A de l’immeuble "Le petit varèse". Cet ensemble emblématique du quartier du Mirail, situé à une centaine de mètres de l'université, est actuellement en cours de réfection dans le cadre du Grand Projet de ville (GPV) Reynerie-Bellefontaine.

Renforcer la passerelle entre étudiants et habitants

Au-delà du coup de pouce aux étudiants, l'objectif est d'amener davantage de mixité dans le quartier. "Nous voulons continuer à renforcer la passerelle entre l'université et les habitants du Mirail. Les étudiants vont rarement plus loin que la station de métro alors que le quartier est très vivant et fourmille d’associations" explique Morgane Pagès.

Baptiste Camus, étudiant en première année d’histoire, compte bien investir ces nouveaux logements. "Je suis déjà kapseur à Bagatelle. Avec mes colocataires, nous avons aidé une association de théâtre à monter ses représentations de fin d'année. Je n'ai pas du tout trouvé cela contraignant. Au contraire, j'ai pu découvrir la vie en colocation et m'investir dans le quartier à hauteur de mes capacités", s'enthousiasme le jeune homme qui aimerait voir les étudiants changer de regard sur les quartiers. "L'environnement peut être un frein pour certains d'entre eux, mais ce sont des clichés. En un an à Bagatelle, je n'ai jamais eu peur ou quelconque souci".


 

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