La démonstration de force des taxis à l'aéroport de Nice

La démonstration de force des taxis à l'aéroport de Nice

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MANIFESTATION – Contre la "concurrence déloyale" d'Uber Pop, une centaine de taxis organisent des filtrages et de blocages de la circulation à Nice, aux abords de l'aéroport et place Masséna

Depuis 7 h 30 ce jeudi matin, les taxis filtrent, et bloquent par moments, les accès à l'aéroport de Nice Côte d'Azur, provoquant des bouchons et des sueurs froides pour beaucoup de passagers et de personnels de l'aéroport. Au rond-point de l'aéropostale, le seul accès au terminal 2, les taxis demandent leurs papiers aux automobilistes pour vérifier qu'ils travaillent sur place ou viennent rendre un véhicule de location. Ils interdisent l'accès aux particuliers qui viennent chercher quelqu'un ou se garer avant de prendre leur vol…

Au moins 100 passagers ont raté leur avion

"Vous n'êtes pas la police, je n'ai pas à vous montrer mes papiers" rétorque un touriste anglais, obligeant la police à intervenir. Bloquée dans la file, Charlotte, badge aéroport à la main, s'emporte : "Laissez-moi passer, je bosse là !" Sur la voie sur berge le long du Var, Didier, chauffeur de "grande remise" (l'ancêtre du VTC) pour une société monégasque, philosophe : "C'est comme ça, on peut rien y faire. Moi ça me fait mal au cœur pour les clients qui paient cher et vont devoir marcher un kilomètre pour me rejoindre".

Au milieu des voitures, des centaines de touristes chargés de valises se frayent un chemin tant bien que mal, sous le soleil. Certains ont pris la risque de descendre de voiture sur l'autoroute ! D'autres traversent le pont Napoléon III. "C'est une honte ce que vous faites" hurle une mère de famille en nage. "Allez dire ça au gouvernement" lui réplique un taxi. Selon la préfecture, entre 100 et 150 personnes ont raté leur vol. "Depuis ce matin nous avons en permanence des passagers en retard. Nous les enregistrons sans frais sur les vols suivants" assure un agent Air France.

"Ça me fait mal au cœur pour mes clients"

C'est tout ce que voulait éviter le maire de Nice. Christian Estrosi s'est rendu à l'aéroport en début de matinée pour rencontrer le représentant des taxis. "Je comprends leur colère, je la partage totalement, mais je leur demande de ne pas empêcher les gens de prendre leur avion. Il faut trouver un juste équilibre". A la mi-journée, un taxi fait amende honorable en voyant une maman avec son nourrisson dans les bras : "Venez madame, on va vous déposer…"

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