La galère des sans-abri de Marseille pour accéder à l’eau

La galère des sans-abri de Marseille pour accéder à l’eau

France
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SANTE – A l’occasion des municipales, la fondation Abbé-Pierre, Médecin du monde, la Fnars et la communauté Emmaüs, adressent une charte aux différents candidats pour les sensibiliser au manque d’eau potable à Marseille.

Le lieu du rendez-vous est symbolique. Au pied de l’hôtel de ville, là où siégera le futur maire de Marseille, plusieurs associations ont fait signer jeudi matin aux candidats qui le souhaitaient une charte d’engagement pour rendre l’eau accessible à tous et notamment aux personnes sans-abri.

"Le constat est terrible, s’indigne Fathi Bouaroua de la fondation Abbé Pierre . Rien n’est fait à Marseille pour qu’ils vivent correctement. Les fontaines d’eau sont inexistantes, seules trois toilettes publiques sur sept fonctionnent et une dizaine de douches seulement sont en accès libre", dénonce-t-il.

"À Paris, il y a des bains douches dans dix arrondissements et 1200 points d’eau potable ! On voit bien que l’accès à l’eau à Marseille est un obstacle surtout quand on sait que celle utilisée pour nettoyer les trottoirs est potable", poursuit-il.

Un programme en 6 points

"C’est triste mais des collègues sont obligés de se nettoyer avec cette eau", reconnaît un brin gêné Ludovic, 37 ans. Arrivé du Nord en juillet 2013, il mesure les problèmes pour prendre une douche. "Les foyers ? C’est bien mais qui a envie de se laver avec des cafards et de la crasse. J’essaie de rester le plus propre possible, mais c’est vraiment la galère", assure-t-il.

En 2012, sur les 22 cas d’Hépatite A déclarés à Marseille, 15 concernaient les personnes les plus démunies, souligne la fondation Abbé Pierre. "Ce n’est pas étonnant estime Philippe Rodier de Médecin du monde, cette maladie se transmet à cause du manque d’hygiène. Plus il est difficile de faire sa toilette, plus le risque de contagion est grand sans compter les dermatoses (des maladies de la peau) qui sont quotidiennes pour les sans-abri".

Venu signer la charte pour un meilleur accès à l’eau, le candidat du Front de gauche, Jean-Marc Coppola, s’engage à faire en sorte "qu’il y ait une réappropriation de ce bien fondamental". Dans le document adressé aux candidats, une liste de 6 points détaille les recommandations comme "rouvrir les fontaines publiques, installer des points d’eau accessible, ouvrir des douches municipales gratuites, raccorder temporairement les bidonvilles et assurer l’évacuation des déchets". "Ce n’est pas un programme extraordinaire, conclut Fathi Bouaroua. Ça ne coûterait qu’une centaine de milliers d’euros".
 

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