La grève à la SNCM est reconduite

La grève à la SNCM est reconduite

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SOCIAL – Les syndicats de la SNCM reconduisent la grève lancée ce mercredi. Ils ne sont pas convaincus par les promesses du gouvernement.

A la SNCM, l'année a commencé par un mouvement social. La grève, entamée ce mercredi, est suivie à 65 % par le personnel navigant et devrait s'étendre au personnel sédentaire. Première revendication des salariés : l'application du plan de sauvetage entériné en juin dernier par l'Etat et Veolia. Il devait permettre d'économiser 70 millions d'euros par an et d'atteindre la rentabilité en deux ans, via la suppression de 500 postes (la compagnie compte 2 600 salariés) et le renouvellement des navires. La compagnie, qui emploie 2 600 salariés, connaît en effet de graves difficultés financières, notamment à la suite de sa double condamnation par Bruxelles à rembourser 440 millions d'euros d'aides jugées illégales .

Mardi, Jean-Marc Ayrault a adressé au député PS Patrick Mennucci, candidat à la mairie de Marseille, un courrier annonçant un apport de l'Etat de 30 millions d'euros à la compagnie maritime. En contrepartie, le Premier ministre exige "la mise en place dans des délais désormais rapides des mesures de redressement", soulignant que "cette solution devra être mise en lien avec l'actionnaire majoritaire", Veolia-Transdev. Mais ces promesses n'ont pas convaincu les salariés.

Une grève coûteuse

La CGT Marins, syndicat majoritaire, évoque ainsi un "enfumage électoral". Son représentant, Frédéric Alpozzo, déplore qu'on demande aux salariés de fournir tous les efforts, "sans que l'Etat et les actionnaires respectent leurs engagements industriels". Selon le délégué CFE-CGC Maurice Perrin, les déclarations de Jean-Marc Ayrault "cachent l'abandon du plan tel qu'il a été voté par l'ensemble des actionnaires" en septembre dernier. Les bateaux qui doivent desservir la Corse et le Maghreb sont donc immobilisés. Bilan de l'opération : "Plus de 4 000 clients touchés en deux jours pour un coût de près de 1 million d'euros", selon la direction.

Nœud du problème : l'actionnariat. Veolia, qui devait récupérer les 66 % détenus par Transdev, souhaite se désengager. Les syndicats appellent ainsi à la mise en place d'un "actionnariat public d'intérêt général" avec la Caisse des dépôts et les collectivités, aux côtés de l'Etat (25 %) et des salariés (9 %). Syndicats et direction s'accordent à dire que l'entreprise est viable.

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