La légalisation du cannabis peut-elle stopper les trafics dans les cités de Marseille ?

La légalisation du cannabis peut-elle stopper les trafics dans les cités de Marseille ?

SOCIÉTÉ – Différents membres d’associations, élus et médecins manifesteront jeudi pour "l’appel du 18 joint" en faveur de la légalisation du cannabis.

"La lutte contre le trafic de drogue est la mère de toutes mes batailles". En avril dernier à Marseille, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait fait de cette formule son crédo pour expliquer son plan d’action au nouveau préfet de police. Message reçu cinq sur cinq dans la seconde ville de France. En l’espace de quelques mois, les opérations contre les trafiquants se sont multipliées comme l’illustre le vaste coup de filet ce lundi dans la cité de la Castellane où 10 kilos de cannabis ont été saisis.

Hasard du calendrier, les militants pour la légalisation de cette drogue manifestent jeudi à Marseille pour "l’appel du 18 joint" . Une manière pour la conseillère départementale Europe Ecologie Les Verts dans les Bouches-du-Rhône, Michèle Rubirola, d’affirmer que la répression est "inefficace" et représente un coût "considérable". Se basant sur une étude du Think tannk, Terranova , elle estime cette dépense à 560 millions d’euros par an.

"Une logique meurtrière"

Mais au-delà du coût, l’élue explique que "défendre la légalisation du cannabis permettra la pacification des quartiers de Marseille face aux trafics meurtriers". Pourquoi ? "Car l’économie souterraine liée au cannabis s’est profondément enracinée dans certains quartiers", répond-elle.

"Une logique meurtrière", estimait récemment pour sa part Mohammed Bensaada, membre de l’association "Quartiers Nord – Quartier Forts". "La première logique des dealers c’est de s’armer avec les conséquences que l’on connaît pour contrôler un maximum de spots de vente", précisait-il.

Reste à savoir si la dépénalisation n’encouragerait pas les trafiquants à vendre des produits plus toxiques que le cannabis. Médecin de formation, Michèle Rubirola, souligne que le public amateur de cannabis "n’est pas le même" que celui qui consomme de l’héroïne par exemple.
 

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