La mairie veut pérenniser le squat de la Chapelle

FRANCE
VIE ASSOCIATIVE – Devenu en vingt ans l'un des lieux emblématiques de la culture à Toulouse, les bénévoles avaient lancé une pétition pour défendre la Chapelle, craignant que la mairie ne ferme ce squat situé dans le quartier Compans-Cafarelli. Jean-Luc Moudenc assure aujourd'hui vouloir pérenniser le lieu.

A la lumière de guirlandes multicolores, une poignée de bénévoles discute dans la cour de La Chapelle. Tous ont sur les lèvres la question de l’avenir de ce squat politico-culturel situé au 36, rue Danielle-Casanova, dans le quartier Compans-Cafarelli. Ici, depuis plus de vingt ans, une cinquantaine de bénévoles organisent des événements, des débats politiques, des concerts en passant par des soirées lecture ou encore des distributions de paniers de légumes.

Mais une visite inopinée de la Direction générale de la sécurité a semé le doute à la rentrée. "Ils sont venus voir si le lieu pouvait recevoir du public. Cela a été notre premier contact avec la nouvelle équipe municipale, on a trouvé ça un peu cavalier. Depuis des rumeurs courent sur un projet immobilier en lieu et place de la Chapelle" glisse Julien Foichat, un des quinze bénévoles actifs de l’Atelier idéal l’association gestionnaire de lieu.

Une pétition de 4 500 signatures

Inquiet, l'Atelier idéal a donc lancé une pétition qui a recueilli plus 4 500 signatures . Car jusqu'ici, seul un accord tacite conclu avec l’ancienne municipalité permet à l'association d'occuper les lieux. En 2009, la ville a racheté cette chapelle à l'abandon pour 240 000 euros et en a confié la gestion à l'Atelier idéal, sans toutefois signer de bail avec l'association. Une situation précaire qui a fait craindre aux bénévoles un changement de ton de la part de la nouvelle équipe municipale. 

Pourtant, pour Jean-Luc Moudenc il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Il affirme aujourd'hui à metronews "qu'il n'y a aucun projet immobilier. Nous ne voulons pas du tout les mettre dehors. Nous souhaitons que leurs activités soient pérennisées. Ce sont des gens très dynamiques avec qui nous voulons maintenir le dialogue. Il faudra néanmoins engager des travaux de mise aux normes".

Bail emphytéotique ou vente des locaux

C'est le sens de la rencontre qui a été organisée samedi entre les bénévoles et Francis Grass, adjoint au maire à la culture. L'Atelier idéal a proposé la signature d’un bail emphytéotique qui assurerait l'avenir du squat et son indépendance pour les 35 prochaines années. "En échange nous prendrions entièrement à notre charge les travaux de mise aux normes estimés à 28 000 euros. Nous pouvons déjà en financer le tiers" explique Julien.

Un argument économique qui n'a pas laissé insensible Jean-Luc Moudenc qui indique que "les propositions formulées par l'association, comme celle de la signature d'un bail ou de permettre à l'association de devenir propriétaire, sont analysées par les services juridiques ".

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