La maison Hermès dans le viseur de le Peta prend les choses en main

La maison Hermès dans le viseur de le Peta prend les choses en main

MEA CULPA - Mise en cause par Jane Birkin au sujet du traitement réservé aux animaux dans des fermes d'élevage fournissant ses tanneries, la maison de luxe française Hermès réagit et affirme qu'un audit est en cours dans l'une de ces fermes.

Ce lundi, la chanteuse Jane Birkin a expressément demandé que la maison Hermès débaptise le sac en crocodile iconique qui porte son nom afin de dénoncer les pratiques cruelles lors de l'abattage de ces espèces. "J'ai demandé à la maison Hermès de débaptiser le 'Birkin Croco', jusqu'à ce que de meilleures pratiques répondant aux normes internationales puissent être mises en place pour la fabrication de ce sac", indique Jane Birkin dans un communiqué.

Cette décision fait suite à des informations sur "les pratiques cruelles réservées aux crocodiles au cours de leur abattage pour la production des sacs Hermès portant (son) nom". Elle précise être "signataire des pétitions 'Mercy for animals' de (l'acteur) Joaquin Phoenix, protestant contre tout mauvais traitement envers les animaux".

Deux fermes d'élevage et d'abattage mises en cause 

En effet, l'organisation de défense des animaux Peta avait lancé en juin dernier une campagne pour demander à Hermès de "cesser immédiatement d'acheter et d'utiliser des peaux exotiques, et de vendre des accessoires en peau de crocodile et d'alligator".  Peta US qui a mené une enquête dans une ferme texane ainsi que dans un élevage de crocodiles au Zimbabwe dont les peaux sont supposément envoyées dans les tanneries de la marque de luxe française, relève notamment que les bêtes sont "confinées dans de tristes fosses en béton, de la naissance à l'abattage".

>>  Voir le film de Peta 

L'association révèle en outre que les employés "incisent et charcutent plus de 500 alligators conscients alors que ceux-ci luttaient pour se dégager", peut-on lire sur le site de l'association de défense des animaux. Dans ce film,  les animaux "croupissent dans de sombres hangars ou dans de tristes fosses en béton et sont tués avant même d'avoir atteint l'âge adulte" et que "leur vie est aussi cauchemardesque que leur mort".

Hermès contre-attaque et promet des sanctions exemplaires en cas de manquement dans les élevages 

A près la publication du film, que "certaines séquences (...) avaient été tournées préalablement à (ses) accords de partenariat avec les fermes évoquées dans ce film". En d'autres termes, depuis que les accords entre Hermès et les fermes incriminés ont été signés, les protocoles d'abattage ne sont plus les mêmes. La marque de luxe affirme "respecter "scrupuleusement les règles établies sous l'égide de l'ONU par la Convention de Washington de 1973 qui définissent la protection des espèces en danger", précisant qu'un audit était en cours dans l'un des établissements incriminés, au Texas. 

Après la demande de Jane Birkin, Hermès a réagi et a affirmé "respecter et partager son émotion et a aussi été choqué par les images récemment diffusées", indique la maison dans un communiqué, en référence au film de la Peta. La maison a promis des sanctions exemplaires "en cas de manquement avéré" dans les élevages qui fournissent les peausseries à ses ateliers. Ces élevages, Hermès affirme les avoir à l'œil afin de "contrôler leurs pratiques et leur conformité avec les règles d'abattage fixées par les vétérinaires experts et par le Fish and Wildlife (organisme fédéral américain de protection de la nature) et avec les règles établies sous l'égide de l'ONU par la Convention de Washington de 1973", indique la maison de luxe.

Pour l'heure, Hermès assure que les déclarations de Jane Birkin "n'entament en rien l'amitié et la confiance" qui lient la chanteuse et la maison de luxe "depuis de nombreuses années". En effet, la collaboration entre la marque et la chanteuse remonte à une trentaine d'années. Le Birkin a été dessiné en 1984 pour Jane Birkin, après une rencontre dans un avion entre le président d'Hermès de l'époque, Jean-Louis Dumas, et la chanteuse, alors jeune maman, qui se plaignait de ne pas trouver un sac à la fois pratique et chic. 

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