La manifestation en mémoire de Rémi Fraisse dégénère à Nantes

FRANCE
FAIT-DIVERS – La manifestation en soutien au militant tué dans le Tarn a dégénéré, lundi soir à Nantes. Vitrines brisées, abribus et caméras de surveillance cassées, en fin de rassemblement. 8 personnes ont été interpellées.

Un "rassemblement dans le calme et la dignité". C’est l’appel qu’avaient lancé les associations anti aéroport Notre-Dame-des-Landes, pour le rassemblement organisé lundi soir en hommage à Rémi Fraisse, décédé lors des manifestations contre le barrage du Sivens, dans le Tarn.

C’est aussi l’esprit qui a animé le début du rassemblement : environ 600 personnes se sont retrouvées devant la préfecture, vers 18 h. Des enfants, des grands-parents, beaucoup de jeunes. Plusieurs banderoles contre les armes à feu, d’autres appelant à la résistance contre la police d’état. Puis, le cortège s’égrène en ville, passe vers le Bouffay, avant de s’arrêter un instant sur les voies du tramway à Commerce. Les forces de l’ordre ne se montrent pas. Mais quelques camions qui passent rapidement, donne à penser qu’ils ne sont pas loin. Tout autour.

Des casseurs dans le cortège

Dans le cortège, le ton monte peu à peu. La tension affleure, au rythme des pétards et fumigènes qui s’allument. La manifestation se dirige vers la place Royale, s’arrête un instant, reprend la rue Crébillon vers la place Graslin direction les boutiques chics et les beaux quartiers. Dans la file, des jeunes, cagoulés, cherchent visiblement à faire monter la sauce. Certains, munis de bombes, taguent des mots d’hommages sur des vitrines. Rue Crébillon, l’un d'eux commence à casser des vitrines. Vite interpellé par un jeune homme : "Les casseurs, au commissariat ! Les casseurs, au commissariat ! C’est comme ça que vous rendez hommage à Rémi ?"

Un groupe, tous le bas du visage caché d'une écharpe, répond : "Oui, c’est pour lui rendre hommage, c'est ça qu'il faut faire !" Clairement, il y a deux camps. Arrivée place Graslin, le cortège s’est déjà bien vidé. Reste une bonne centaine de personnes, ceux qui ont envie d’en découdre.

Scènes surréalistes

Et ça ne loupe pas. Ils redescendent vers le cours des 50-Otages. En face de la place du Commerce, une rangée de CRS. Quelques militants vont vers eux, les forces de l’ordre envoient directement une bombe lacrymogène. Qui fait monter l’ambiance. Et donne le coup d'envoid des vraies hostilités.

Les manifestants refluent vers la place Royale, des jeunes arrachent quelques pavés, les jettent contre les vitres blindées des banques, sortent des barres de fer. Cours des 50-Otages, le ton est donné : haro sur les banques, caméras de surveillances, et abribus. Scènes surréalistes, sous l’œil de passants qui ne bougent pas. Une rue à côté, un accordéon joue, pour des clients en terrasse.

La ville de Nantes porte plainte

Quelques affrontements ont lieu avec des policiers, dans les ruelles du Bouffay, échange de pétards, au coin d'une ruelle dont les commerces ont vite plié les terrasses. Mais peu à peu, les manifestants se font disperser. Au total, des poubelles brulées, une vingtaine de vitrines brisées, d’autres taguées. Huit personnes ont été interpellées, dont cinq ont été placées en garde à vue.

La maire (PS) de Nantes, Johanna Rolland, a condamné "fermement ces actes de violence inadmissibles" et annoncé que la ville allait "porter plainte contre les auteurs" des dégradations. De son côté, l'UMP de Loire-Atlantique a de son côté dénoncé des "dégradations et violences (qui) ne peuvent être acceptées" dans une ville "devenue un berceau de violence, depuis l'enlisement du dossier de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes par les gouvernements Ayrault et Valls". Un autre rassemblement de soutien est prévu à Nantes, samedi à 14 h.

EN SAVOIR + >> Les photos des échauffourées à Nantes

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