"La Marseillaise" à l'heure du dépôt de bilan

FRANCE

MEDIAS - Le quotidien "La Marseillaise" a déposé son bilan vendredi devant le tribunal de commerce de Marseille, avec demande de mise en redressement judiciaire, a annoncé jeudi la direction de ce journal engagé à gauche.

Le secteur de la presse n'est décidément pas épargné. La société éditrice de La Marseillaise est "mise sous la protection du tribunal de commerce de Marseille par une déclaration de cessation de paiement, avec demande de redressement judiciaire.

La crise économique, doublée d'une crise de la presse et d'une chute brutale de la publicité, nous contraint à cette démarche pour préserver la continuité de notre titre", a indiqué son PDG Jean-Louis Bousquet, dans un communiqué publié sur le site Internet du journal . "Nous étions quasiment à l'équilibre en 2013 mais nous tablons sur 1 à 1,5 million d'euros de pertes en 2014. Depuis le 1er janvier, nous subissons une forte baisse de la communication institutionnelle, de la publicité et des annonces légales", a-t-il précisé.

"La Marseillaise continuera d'exister"

Fondée en 1943 dans la clandestinité, La Marseillaise est diffusée sur six départements et emploie 213 personnes, dont environ 75 ont la carte de presse, selon son PDG. "Ce journal a toujours vécu dans la difficulté. Nous allons adopter un plan de sauvegarde pour tenir le coup. Nous allons en appeler à nos lecteurs, au monde politique, et chercher d'éventuels partenaires", a ajouté Jean-Louis Bousquet, soulignant que le journal n'était adossé "à aucun groupe de presse ni aucun banquier".

La Marseillaise
"continuera d'exister et restera le journal du Sud qui porte les idéaux progressistes de transformation sociale", a encore assuré son président à l'issue du comité d'entreprise extraordinaire.
"La direction a cédé à une forme de précipitation, qui nous surprend. Nous avons le sentiment qu'elle passe en force, au mépris du personnel. Elle ne nous a pas donné les informations que nous réclamons, notamment sur l'état du passif et de l'actif, et sur ses objectifs", a regretté de son côté Jean-Marie Dinh, délégué SNJ-CGT, disant néanmoins son espoir dans la "pérennité du titre".

Le quotidien, longtemps proche du Parti communiste - qui a appelé jeudi à la création "d'un comité de soutien" à ce titre -, ne publie pas ses chiffres à l'OJD - l'organisme qui dénombre les médias. Il fait état de ventes "entre six et sept fois moindres que celles de (ses) concurrents, La Provence et Le Midi libre". L'un de ses journalistes, Philippe Pujol, qui a quitté depuis le quotidien, a reçu le prix Albert-Londres en 2014 .

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