La privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac effraie les riverains

FRANCE
ENVIRONNEMENT – Alors que la vente de l'aéroport Toulouse-Blagnac se précise, les riverains de l'équipement sont inquiets. Avec l'arrivée d'un repreneur privé, le trafic des avions et donc des nuisances sonores pourraient augmenter.

Ils ne veulent pas que la plate-forme aéroportuaire soit vendue au privé. Alors que la cession d'une partie des parts de l'Etat dans le capital de l'aéroport doit être conclue dans les prochains jours, six candidats sont sur les rangs dont un consortium sino-canadien, Vinci et Aéroports de Paris, les riverains montent au créneau.

L'offre de 300 millions d'euros proposée par un fonds d'investissement alliant de l'aéroport de Shenzen et de la société canadienne SNC-Lavalin, serait privilégiée.

100.000 mouvements d'avions en plus

"Nous n'avons pas été consultés, toutes les avancées obtenues depuis trente ans en matière d'environnement et de réduction des nuisances sonores risquent d'être remises en cause", s'alarme Chantal Beer-Demander, la présidente du Collectif contre les nuisances aériennes à Toulouse.

Dans le scénario du repreneur, la Ville rose deviendrait un hub et une plaque tournante du tourisme chinois en Europe: 10 des 100.000 millions de Chinois voyageant sur le Vieux Continent passeraient par Toulouse, ce qui occasionnerait 100.000 mouvements d'avions supplémentaires.

"Outre le développement du trafic passager, ils veulent aussi mettre l'accent sur le fret avec des appareils qui volent de nuit. On ne voit pas ça d'un bon œil", objecte encore Chantal Beer-Demander. Pas moins de 100.000 Toulousains habitent sous les couloirs des avions et sont donc concernés par ces nuisances sonores.

Inquiétude sur le devenir économique de l'aéronautique

A l'inquiétude des riverains, s'ajoute aussi celle de certains acteurs économiques. Il y a quelques jours Jean-Louis Chauzy président du Conseil économique social de Midi-Pyrénées a demandé, dans un courrier envoyé à Manuel Valls, un délai supplémentaire de "concertation avec les collectivités locales", après la date butoir du 17 novembre.

"Le Ceser (Conseil économique social) ne saurait admettre qu'un groupe chinois devienne propriétaire d'un aéroport aussi stratégique et rentable que celui de Toulouse-Blagnac où se situent les activités des leaders mondiaux de l'aéronautique que sont ATR et Airbus", justifie Jean-Louis Chauzy, particulièrement inquiet pour les terrains en friche disponibles autour de l'aéroport.

"Cette plateforme aéroportuaire est aussi doublée d'une plateforme industrielle pour la quelle le foncier, selon nous, doit rester la propriété de la puissance publique tant les 100 hectares occupées par Airbus que les 300 hectares occupées par le foncier et friches disponibles qui doivent être dédiées au développement économique.", explique-t-il dans sa lettre à Manuel Valls.

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