La rade de Marseille repeuplée par les poissons

FRANCE

ENVIRONNEMENT – En 2008, 401 récifs artificiels avaient été plongés dans la rade de Marseille pour recréer de la biodiversité. Six ans après, l’opération est un succès et a même été récompensée par le ministère de l’Ecologie.

Le pari était loin d’être gagné. Six ans après, c’est un succès. En 2008, la ville de Marseille décide de récréer, dans les fonds marins de la rade, la biodiversité détruite par les remblais des travaux du métro et des multiples ancrages de bateaux. Pas en obligeant les poissons à s’y installer de force. Mais en posant à 30 mètres de profondeur 401 blocs de béton, répartis en 8 villages. Le tout, sur une surface de 201 hectares entre les îles du Frioul et les plages du Prado.

A la base, ces "récifs artificiels" comme on les appelle ne ressemblaient pas en grand-chose. Mais petit à petit, les poissons en ont fait un habitat naturel pour se protéger. A ce jour, 70 espèces, contre 24 il y a 4 ans, peuplent ces villages. Sarres, Loup, Congres, Mérous, des espèces disparues depuis de nombreuses années ont ainsi refait leur réapparition. Une évolution spectaculaire récompensée ce mois-ci par le Grand Prix National de Génie Ecologique remis par le ministère de l’Environnement.

Un intérêt écologique et économique

Mais au-delà de cette vie sous-marine recréée, la ville de Marseille voit dans ce projet un intérêt économique. "Un poisson vivant vaut bien plus qu’un poisson mort", résume l’adjoint UMP à la Mer, Dider Réault. Dans son viseur, l’élu pense aux clubs de plongée. "C’est une opportunité pour eux de se rendre sur place et d’attirer une nouvelle clientèle", poursuit-il. Et qui dit touristes, dit bénéfice pour tout le monde.

Plus étonnant, cette repopulation est une aubianepour les pêcheurs. Pas sur place, car il leur est strictement interdit de pêcher dans cette zone. "Mais grâce à l’essaimage des poissons dans d’autres secteurs de pêche (au-delà du Frioul par exemple), les professionnels y trouvent leur intérêt", indique Didier Réault. Et gare à ceux qui voudraient passer outre les restrictions. Trois pêcheurs ont récemment été condamnés pour s’être aventurés dans ce nouveau sanctuaire sous-marin de la rade de Marseille.
 

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