La Redoute : l'ultimatum de la direction fissure l'unité

La Redoute : l'ultimatum de la direction fissure l'unité

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SOCIAL – Des salariés de la Redoute ont manifestié ce jeudi matin à Wattrelos pour demander de meilleures conditions de départ. La direction a lancé jusqu'à ce jeudi soir pour obtenir un accord majoritaire. Certains syndicats se disent prêts à signer, d'autres veulent poursuivre le bras de fer.

Faut-il aller au bout du bras de fer ? L'intersyndicale de La Redoute s'est fissuré ce jeudi sous la pression de l'actionnaire Kering, qui conditionne la survie de l'entreprise à la signature d'un accord majoritaire sur le plan social avant ce jeudi soir. Le protocole d'accord de la direction sur le plan social, pour lequel  Kering espère un accord majoritaire avant ce jeudi soir , prévoit notamment 20000 euros de plancher pour les indemnités de départs volontaires et 750 à 1.200 euros par année d'ancienneté en fonction des cas.

L'intersyndicale CFDT-CGT-SUD réclamait jusqu'à jeudi matin 40.000 euros de plancher, plus 1.500 euros par année d'ancienneté et 36 mois de congés de reclassement, et que cette même somme soit bloquée pour les salariés qui ne seraient pas concernés par le plan social.

Des concessions

Mais dans un communiqué commun diffusé jeudi après-midi, la CFDT et SUD ont fait des concessions, sans toutefois appeler à signer l'accord ni revenir sur la revendication de 40.000 euros de plancher pour les indemnités de départ volontaires. Espérant faire revenir la direction à la table des négociations, les deux syndicats demandent désormais 18 mois de congés de reclassement et au moins 1.200 euros de prime par année d'ancienneté pour tous.

La CFE-CGC, qui avait quitté l'intersyndicale mardi, a annoncé qu'elle signerait l'accord, "un bon package, comparativement aux pratiques habituelles". Le syndicat - dont la seule signature ne sera pas suffisante - dit avoir pris sa décision "constatant le climat délétère s'installant entre les salariés, conscient de la nécessité de mettre en place au plus vite le plan de modernisation".

La CGT refuse de signer

A l'appel de l'intersyndicale, qui affichait encore ce jeudi matin un semblant d'unité, entre 500 et 700 salariés de l'ancien fleuron de la vente à distance, selon la police et la CGT, ont manifesté en fin de matinée à Wattrelos pour réclamer de meilleures garanties et dénoncer "l'ultimatum" de Kering.

L'accord sur le plan social "ne sera pas signé par la CGT , car on est encore très loin de nos revendications, a déclaré Jean-Christophe Leroy, délégué CGT, lors de la manifestation. C'est un nouveau coup de bluff, on n'imagine pas un groupe comme Kering déposer le bilan d'une entreprise comme La Redoute. Ils ont les moyens d'aller plus loin sur les sommes prévues."

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