La rue a droit de cité aux Aygalades

La rue a droit de cité aux Aygalades

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FOCUS - Inaugurée en novembre dernier après sept ans de chantier, la Cité des arts de la rue fait mijoter des projets de création urbaine, en plein Quartiers nord.

Les arts de la rue fleurissent depuis plus de trente ans sur le bitume français ; leur lente institutionnalisation, entamée dès les années 1990, a conduit à l’édification de la Cité internationale des arts de la rue, inaugurée en novembre dernier après sept ans de chantier, dans une ancienne huilerie des Aygalades : un site patrimonial en plein Quartiers nord, rénové par l’architecte François Lacube. L’ambition ? « Créer une scène de répétition pour les arts de la rue, dans ces quartiers qui ont conservé une animation populaire. Ce site reconstitue la typologie d’un morceau de ville : bâtiments, rues intérieures, espaces verts, rivières... », détaille Aude Vandenbrouck, coordinatrice de l’Association pour la cité des arts de la rue (Apcar). Sur 3,5 hectares, sept structures – autoproclamées « habitants de la Cité » – coexistent : lieux publics, Centre national de création ; Karwan, bâtisseur de projets territoriaux ; Sud Side, ateliers de construction de décors scéniques ; Lézarap’art, groupe d’action culturelle de proximité ; la Fai Ar, seule formation européenne aux arts de la rue; Générik Vapeur, compagnie emblématique affectionnant le trafic d’engins ; dernier arrivé, Gardens, théâtre acrobatique de Jonathan Sutton. Chacun à sa manière constitue un pan de la grande mosaïque des arts de la rue. Leurs apparitions ponctuelles dans la ville en modifient le paysage, sans que l’on sache toujours qu’ils viennent de là...

Infusion territoriale

Car la Cité est avant tout un lieu de fabrique et d’expérimentation, un laboratoire où mijotent les créations. Les temps de diffusion se font le plus souvent à l’échelle de la ville, voire de la région : en mai dernier, durant Marseille-Provence 2013, l’illumination du Vieux-Port par la compagnie Carabosse, dans le cadre de la biennale Folle Histoire pilotée par Karwan, ou le fictif 17e arrondissement, village éphémère de containers installés par Generik Vapeur au pied du MuCem ; à l’année, le rituel Sirènes et midi net instauré par Lieux Publics, chaque premier mercredi du mois sur le parvis de l’Opéra... Sur le long terme, un maillage patient s’opère par le biais d’actions portées par Lézarap'art, et les ateliers Sud Side à destination des centres sociaux (réalisation de mobilier, projets d’urbanisme utopique...). Car si les arts de la rue sont les arts du contexte, ils se doivent de prendre le temps de l’échange, pour mettre en œuvre ce que l’on a coutume d’appeler « l’infusion territoriale » : une action artistique au long cours, pour un impact durable destiné à marquer la mémoire collective d’un territoire.

La Cité des arts de la rue, 225 avenue des Aygalades, Marseille 15e, www.lacitedesartsdelarue.net
Contact : Karyn Blondeau, médiatrice culturelle de l’Apcar, 04 13 25 77 13 (pour visite commentée des espaces de travail, à destination des groupes).

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