La SNCM dans le flou après le refus d'acheter de nouveaux navires

La SNCM dans le flou après le refus d'acheter de nouveaux navires

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TRANSPORT - L'ouverture de négociations exclusives avec les chantiers navals STX de Saint-Nazaire pour une commande de deux bateaux, a été rejetée mardi lors du conseil de surveillance de la SNCM à Marseille, en attendant une nouvelle réunion le 7 mars.

L'achat de nouveaux navires à la SNCM devra attendre. L'ouverture de négociations exclusives avec les chantiers navals STX de Saint-Nazaire en vue de la commande de deux bateaux, a été rejetée mardi lors du conseil de surveillance de la SNCM à Marseille.

Transdev, actionnaire majoritaire de la compagnie maritime marseillaise, a voté contre et l'Etat s'est abstenu, aboutissant au rejet de la délibération, ont affirmé une source proche du dossier et une source syndicale. L'élu de la CFE-CGC, Pierre Maupoint de Vandeul, a déploré cette "abstention de l'Etat qui ne contre pas le vote hostile de l'actionnaire privé ". "On a un Etat qui s'arc-boute sur la question du financement", a-t-il dit.

Un enjeu essentiel

"On obtient un conseil de surveillance le 7 mars à Paris, date butoir fixée par STX pour la signature de la lettre d'intention. Si d'ici là le gouvernement ne s'engage pas, le projet de modernisation de la SNCM se retrouvera en grand danger car on risque de lui faire prendre à nouveau un an de retard", a prévenu le syndicaliste.

L'achat de deux bateaux constitue un jalon essentiel du plan de redressement sur lequel s'était engagé le ministre des Transports Frédéric Cuvillier pour mettre fin à une grève de près de 10 jours début janvier.

Ce plan comprend, outre le renouvellement de la flotte, l'augmentation du temps de travail et un plan de départ de 500 postes (sur 2.600), dont le coût est chiffré à 45 millions d'euros, le tout pour obtenir une meilleure productivité. La clef, selon la direction, de la sauvegarde de l'entreprise.

Le ministre temporise

Le gouvernement avance de son côté l'échéance de mi-avril pour la validation du montage financier. "Le 9 janvier dernier, j'ai engagé un travail sur le montage financier permettant le renouvellement de la flotte de la SNCM. J'ai demandé à la Banque publique d'investissement (BPI) et à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) de me faire des propositions sous deux mois, afin qu'elles soient présentées au conseil de surveillance de la SNCM le 15 avril au plus tard, pour une commande avant le 30 juin 2014", a précisé dans un communiqué Frédéric Cuvillier.

Le ministre ajoute qu'"en parallèle, des travaux techniques sont en cours pour préparer la commande des navires. (...) Il y a encore du travail à faire sur les prix, les spécifications, et les délais de livraison. (...) Un nouveau conseil de surveillance est prévu le 7 mars et permettra de faire le point sur cette question".

L'UMP dénonce la stratégie du gouvernement

Pour Roland Blum (UMP), premier adjoint au maire de Marseille, "le gouvernement socialiste renie sa parole et trahit le personnel de la SNCM". Il doit "changer d'attitude (...) et jouer son rôle d'actionnaire en faisant voter cette lettre de commande", estime l'élu. "A défaut, il prendra la responsabilité de la disparition de 2.500 emplois que compte la SNCM, sans oublier les sous-traitants".

Aujourd'hui, la SNCM est détenue par l'Etat à 25%, les actionnaires salariés à 9% et Transdev (filiale commune de Veolia et de la Caisse des dépôts) à 66%. Mais elle fait face à la volonté de désengagement de Transdev, et de son actionnaire indirect Veolia, effrayés par une double condamnation européenne obligeant la compagnie à rembourser 440 millions d'euros d'aides publiques jugées illicites.

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