La vie la nuit à Nantes réveille la campagne municipale

La vie la nuit à Nantes réveille la campagne municipale

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SOCIETE – Pendant la campagne des municipales, les maires de la nuit ont sensibilisé les candidats sur la nécessité d’une ville "vivante" la nuit. Dans le même temps, les riverains se montrent toujours excédés par les nuisances sonores. Un débat a lieu mercredi à 18 h au CCO.

C’était la mission des maires de la nuit à Nantes : sensibiliser les candidats aux municipales sur la vie nocturne. Depuis qu’ils ont été élus il y a trois mois, Arnaud Tesson et Vincent Beillevaire se sont mis au travail.

Pour ces deux trentenaires, "la nuit a trop souvent une mauvaise image : nuisances sonores, alcoolisme". Eux veulent "lutter contre ce schéma simpliste" : "C’est aussi une vie culturelle, du lien social. De plus, 15% de la population active travaille entre 22 h et 8 heures du matin", explique Arnaud. "Taxis, crèches, transports, administration, rien n’est fait pour aider ceux qui ont des horaires décalés."

Dialogue impossible avec les riverains

Pour mettre en place une "politique de la nuit ambitieuse fondée sur le dialogue", Arnaud et Vincent ont avancé une proposition : créer un Conseil consultatif, qui rassemblerait les acteurs du monde nocturne avec les institutionnels : cafés, bars et discothèques pourraient ainsi dialoguer avec les responsables de l'université, du CHU, des transports en commun, de la préfecture, etc. "A Nantes les structures existantes ne traitent que les problèmes en aval", précise Arnaud.

Les maires de la nuit ont rencontré cinq des candidats aux municipales. La socialiste Johanna Rolland a d'ailleurs inscrit dans son programme la création de ce Conseil ; l’EELV Pascale Chiron se montre intéressée, et promet en plus, comme l’UMP Laurence Garnier de créer un adjoint de la nuit. Cette dernière envisage de créer un "quartier de la nuit" sur l’île de Nantes. Toutes trois participent enfin à un débat "Quelle(s) nuit(s) pour Nantes" organisé mercredi à 18 h au CCO tour de Bretagne.

Seul hic : aucun terrain d'entente n'a été trouvé avec les associations de riverains du centre, qui protestent contre les nuisances sonores. "Ces maires de nuit n’ont aucune légitimité", estime le président des Rues de Graslin, qui préfère rester anonyme. Ces habitants ont eux aussi rencontré les candidats, mais restent insatisfaits. "A partir de 23 h 30, la ville est livrée aux patrons de cafés et aux fêtards. On demande de faire appliquer la règlementation, comme les horaires de fermeture de terrasses, et plus de présence policière", explique-t-il. Excédés, ils ne participeront pas au débat de mercredi.

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