L'accord sur le plan social à la Seita sème le trouble à Carquefou

L'accord sur le plan social à la Seita sème le trouble à Carquefou

SOCIAL - L'accord trouvé jeudi sur les "mesures d'accompagnement" du plan social à la Seita entérine la fermeture de l'usine de Carquefou, au grand dam de certains de ses salariés, qui s'en prennent vivement à la CGT.

Confusion à la Seita. L’accord trouvé entre la direction et les syndicats à Paris sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), annoncé jeudi par le fabricant de cigarettes, sème le trouble parmi les 327 salariés de l’usine de Carquefou. Sur Facebook , certains d’entre eux s’en prennent vivement à la CGT, présente au comité central d’entreprise, à la différence du syndicat SUD . L’accord prévoit pourtant une indemnité d'un mois et demi de salaire par année d’ancienneté, soit plus de sept fois le minimum légal. Un "congé de reclassement" de seize à dix-neuf mois, des "formations de reconversion", des "aides financières et logistiques à la création d’entreprise" et un dispositif de préretraite "pouvant aller jusqu’à dix ans" de prise en charge par la Seita sont également inclus.

4,5 milliards d'euros de bénéfices

En fait, les Nantais reprochent à la CGT d’avoir entériné la fermeture de leur usine, principale impactée par la restructuration de la Seita. Et ce alors que son comité d’entreprise a intenté une procédure d’urgence le 16 octobre devant le tribunal de grande instance de Nantes pour réclamer l’annulation du projet de plan social qui était alors présenté. Son avocat, Me Fiodor Rilov, avait fait valoir qu'il y avait des "omissions et impasses gigantesques" empêchant les représentants du personnel de rendre un "avis éclairé" sur le Plan de sauvegarde de l'emploi.

Le projet de plan ne mentionnait ainsi pas le chiffre d'affaires ni les profits du groupe britannique Imperial Tobacco, leur "employeur milliardaire", qui a réalisé 4,5 milliards d'euros de bénéfices l'an dernier. "On est en présence de l'une des structures les plus rentables au monde, les plus profitables", avait résumé "l’avocat rouge" . "C'est peut-être ce qu'on a voulu cacher aux salariés, pour qu'ils ne fassent pas le rapprochement..." Le juge des référés, qui a mis son jugement en délibéré, se prononcera sur la question le 6 novembre.

Pas de "guerre syndicale", selon la CGT

En attendant, la CGT assume sa position. "Il ne faut pas oublier qu’une trentaine d'autres personnes vont aussi être impactées à Bergerac, une centaine au siège social et une dizaine à Orléans", rappelle Eric Comparot, délégué syndical central (CGT) à Paris. "Nous ne nous serions pas permis de signer cet accord si on n’avait pas reçu le mandat d’une immense majorité de salariés." A Carquefou, une boîte Gmail a ainsi été mise en place pour recueillir l’avis des uns et des autres sur la signature du projet d’accord. "Un tiers des salariés se sont exprimés, et 80 % étaient favorables", assure Eric Comparot, qui rejette par ailleurs toute "guerre syndicale" au sein de l’établissement. "C’est toujours plus simple de dire après qu'on n’était pas d’accord, mais en attendant, l’ensemble des organisations syndicales ont participé, depuis six mois, aux négociations."

Son syndicat va d'ailleurs "continuer à se battre" pour faire reconnaître le licenciement "sans cause réelle ni sérieuse" des salariés, en lieu et place de leur motif "économique". Une décision de justice en ce sens permettrait aux intéressés d’attaquer leur ancien employeur aux prud’hommes, et de toucher de nouveaux dédommagements.

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