Le casse-tête sans fin de l’arrivée des gens du voyage à Marseille

FRANCE

SOCIETE – La députée-maire (LR) des 11e et 12e arrondissements de Marseille, Valérie Boyer, vient de déposer un référé au tribunal pour demander l’expulsion des gens du voyage installés sur les pelouses des stades du quartier de Saint-Menet.

La température monte d’un cran dans le quartier de Saint-Menet , à Marseille. La députée-maire (LR) des 11e et 12e arrondissements, Valérie Boyer , vient de déposer un référé au tribunal pour demander l’expulsion des gens du voyage installés sur les pelouses des stades du Mouton et de la Pépinière. Sur ce dernier, une centaine de personnes venues pour une mission évangélique sont arrivées dans le courant du mois de juin. Sur l’autre, près de 100 familles, foraines pour la plupart, ont garé leurs caravanes dimanche dernier.

Des dégâts estimés à 500 000 euros

"C’est foutu ! C’est terminé, les pelouses ne seront plus utilisables à cause du passage des voitures", déplore l’élue estimant les dégâts à 500.000 euros. "Depuis 2013, 170 000 euros ont été investis pour la Pépinière et 320.000 euros pour le Mouton", chiffre Valérie Boyer visiblement très remontée. "Les serrures pour entrer dans les stades ont été fracturées. Les vestiaires sont saccagés. Il faut voir sur place".

"Sur place", justement, la situation est contrastée. Au stade de la Pépinière, le vert des pelouses semble bien loin. Au stade du Mouton, les familles tentent de les préserver en arrosant régulièrement. "Nous ne sommes pas là pour tout saccager. Je vous mets au défi de trouver un papier par terre quand nous partirons", souligne avec le sourire William montrant du doigt les poubelles soigneusement rangées pour évacuer les déchets. "Le problème, comme d’habitude, poursuit-il, c’est que notre présence dérange".

Chacun se renvoie la balle

À l’entrée du stade, Franck Couchevellou, président de l’association "La vie du voyage", opine de la tête. "C’est toujours la même chose. Depuis 10 ans, aucune aire d’accueil décente ne nous a été proposée à Marseille. Mme Boyer parle de dégradations mais elle ferait mieux de faire avancer les choses car ce sont les pouvoirs publics qui sont hors la loi en ne nous proposant aucun terrain". Depuis  la loi Besson du 5 juillet 2000 , les communes de plus de 5000 habitants doivent en effet créer des aires d’accueil pour les gens du voyage.

"Mais ce schéma d’accueil est départemental. Il n’incombe pas uniquement à Marseille de les créer, souligne Valérie Boyer en expliquant avoir mis à disposition 50 places dans le quartier de Saint-Menet. "Au bout d’un moment, il faut arrêter de nous prendre pour des ânes car c’est le contribuable qui paye", souffle-t-elle.

Contactée, la préfecture rappelle l’existence du schéma départemental d’accueil en prescrivant à la ville de Marseille la création d’une aire de grand passage. En charge aussi de cette question, la communauté urbaine n’a pas donné suite à nos demandes. Mi-juillet, les gens du voyage du stade du Mouton ont prévu de reprendre la route direction Montpellier. La députée-maire des 11e et 12e arrondissements exige avant leur départ un dédommagement en promettant de barrer l’accès aux stades l’été prochain.

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