Le cerveau des rugbymen ausculté au CHU de Toulouse

Le cerveau des rugbymen ausculté au CHU de Toulouse

France
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SANTE – Parce que les chocs répétés ont un impact sur le cerveau, le CHU de Purpan a ouvert une consultation unique en France dédiée aux patients pratiquant des sports de contact. metronews a suivi un jeune rugbyman.

Un ballon sur la tête, un placage, un uppercut… Non seulement ça fait mal mais ça peut aussi, lorsque c’est répété, entraîner des dommages irréversibles au cerveau.

Longtemps négligées, les commotions cérébrales sont aujourd’hui prises très au sérieux, notamment au CHU de Purpan qui a ouvert la première consultation en France dédiée aux personnes pratiquant des sports de contact (rugby, boxe, hockey…)

"Nous prenons en charge les sportifs qui ont eu une perte de connaissance sur le terrain, voire un trouble de la mémoire ou du comportement ", explique David Brauge, neurochirurgien. Le cas extrême : le KO lors d’un match de boxe.

Des séquelles après la répétition d'accidents

"La répétition d’accidents pouvant entraîner de sérieuses séquelles sur le cerveau, notre rôle est de déterminer s’il y a bien eu une commotion et d’évaluer le temps de repos nécessaire au patient avant qu’il ne puisse reprendre l’entraînement."

Ce jour-là, c’est Olivier, 26 ans, qui vient se soumettre à une batterie de tests. Deux jours auparavant, en plein match, le jeune rugbyman a été victime de ce qui ressemble à une crise d’épilepsie sans toutefois se souvenir d’un violent placage. A l’hôpital, le scanner n’a rien dévoilé d’anormal mais depuis, maux de tête, nausées et fatigue ne le quittent plus.

Des tests adaptés aux sportifs de haut niveau

Débute alors une série d’épreuves – orales, écrites, sur ordinateur - pour évaluer sa mémoire, sa concentration et son temps de réaction. "Avec des tests standards, il est difficile de détecter un déficit chez les sportifs de haut niveau car ils ont l’habitude de réagir rapidement, explique Johanne Le Men, neuro-psychologue. Il s’agit donc d’exercices spécifiquement adaptés." Dans un second temps, Olivier est évalué sur son équilibre et soumis à un questionnaire détaillé sur son état physique.

Verdict ? "Cela ne ressemble pas à un cas typique de commotion cérébrale, il va donc falloir faire des examens complémentaires pour comprendre d’où viennent ces symptômes", explique David Brauge. En attendant, pour éviter tout nouveau choc, le jeune homme est tenu de rester à l’écart des terrains.

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