Le grand écart de Jean Icart

Le grand écart de Jean Icart

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MEDIAS - Le Niçois Jean Icart pourrait prochainement abandonner la politique pour s'assoir dans le fauteuil de PDG de Nice Matin. Il a conclu un accord de reprise en s’associant avec un mystérieux fonds d’investissement européen. Portrait d'un atypique...

"La PQR (presse quotidienne régionale, NDLR) souffre (…). Cela nécessite une remise en cause fondamentale, avec hélas des plans sociaux, bien que dans les équipes, expérience, culture de l’info et attache à l’entreprise ont fait briller Nice Matin durant plus d’un demi siècle. Je suis convaincu qu’il y a un lendemain performant, mais il faut remettre à plat toute la chaîne ».  

Racheter Nice Matin, Jean Icart, 66 ans, y pensait peut-être depuis belle lurette en se rasant le matin, à en croire ces déclarations postées sur sa page facebook le 8 octobre dernier. En tout cas, depuis bien plus longtemps que le mois de négociations secrètes avec le groupe GHM qui a débouché sur un accord de reprise officialisé jeudi…


Le conseiller municipal de Nice, conseiller général du 2e canton de Nice depuis 1994 et conseiller métropolitain divers droite, fait une entrée fracassante dans le monde des médias qu’il ne connaît pas vraiment. "Je n’habite pas loin, je vais pouvoir venir à pied, même la nuit pour voir comment ça marche, je veux tout comprendre" a-t-il lancé, jeudi, devant les personnels du comité de direction puis du comité d’entreprise qui n’en ont pas cru leurs yeux lorsqu’ils l’ont vu débarquer au siège.

"Croix dans le dos"

Ancien élève du lycée Masséna à Nice, Jean Icart est un intime du défunt PDG de Nice Matin, Gérard Bavastro dont il est également le parrain de sa fille Andréa.

Secrétaire national des Jeunes républicains indépendants sous Giscard, défait aux législatives et aux municipales à plusieurs reprise, il n’a pas toujours été l’homme politique atypique capable de porter subrepticement un bonnet rouge des contestataires bretons en plein conseil municipal de Nice ou de s’allier avec Jacques Peyrat afin de tenter de ravir le trône à Christian Estrosi auquel il s'oppose farouchement. Mais avec lequel, business oblige, il devra sans doute composer un minimum puisque la mairie et la métropole figurent parmi les plus gros annonceurs de Nice Matin.

A 26 ans, il a succédé à son père à la tête de l’entreprise familiale de génie climatique. Il a fait de cette PME la 5e nationale dans son secteur ce qui lui a permis de décrocher en 1991 le prix "Stratégie de développement" décerné par le patronat français. Quelques années plus tard, il a déposé le bilan après la vente d’une filiale aussi rocambolesque que plaidée dans les tribunaux. Les méchants, c’est qui ? "Les réseaux" qui lui ont mis une «"croix dans le dos" accuse-t-il pourfendant depuis lors, pèle mêle, Vivendi, Messier, Proglio, la Société Générale, les francs maçons, les robes noires, bref "le système"...

Le futur patron de presse, qui ne veut pas que son journal soit une "newsletter " de certains élus locaux, a-t-il dit aux salariés, a promis d'abandonner très prochainement tous ses mandats électoraux.


"Il est assurément meilleur entrepreneur qu’homme politique" confie un journaliste qui le côtoie depuis des années. Un entrepreneur capable de mêler l'ancre à la plume, puisqu’il est aussi le propriétaire des marques " Port Nice Côte d’Azur " et "Port Côte d’Azur".

 

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