Le Hellfest revient à Clisson : mais pourquoi (diable) un tel carton ?

Le Hellfest revient à Clisson : mais pourquoi (diable) un tel carton ?
FRANCE

CULTURE – Le grand rendez-vous de musique metal revient, de vendredi à dimanche, à Clisson. Pour cette 9e édition, des têtes d’affiches exceptionnelles sont annoncées – Iron maiden, Aerosmith ou encore Deep Purple -, aux côtés de groupes plus confidentiels. La jauge, elle ne cesse de grossir. Les raisons du succès.

150 000 spectateurs, 500 journalistes accrédités, 1 200 blogueurs attendus. Le Hellfest revient s’installer de vendredi à dimanche à Clisson . Et d’une année sur l’autre, le festival de musiques métal, n’en finit pas de repousser toutes les limites du succès. Metronews décrypte ce phénomène.

Une programmation d'enfer.
Iron Maiden, Aerosmith, ou encore Black Sabbath… La programmation de l’édition 2014 est "particulièrement exceptionnelle", estime Alexxx Rebecq, en charge de la production. Et emblématique de l’identité du festival, mêlant heavy metal et rock pur et dur. Un tournant pris petit à petit par ce rendez-vous consacré depuis 2006 aux musiques extrêmes. "Au début, on défendait surtout la musique métal pour les vrais fans : punk, hardcore, musique de niche", explique Alexxx. Petit à petit, le Hellfest s’est ouvert à des groupes plus rock, comme Deep Purple ou ZZ Top, attirant un nouveau public. En 2010, le Kiss débarque sur scène, la jauge explose. "C’est un groupe multi-générationnel, ça a marqué un tournant", se souvient Alexxx. La recette est trouvée : sur les 160 groupes accueillis sur les six scènes, les têtes d’affiches côtoient des groupes très confidentiels, proposant une pluralité de styles.

Un public archi-fidèle.
Aujourd’hui, la plupart des festivaliers n’attendent pas la programmation pour acheter leur place. Une vraie marque de confiance : "Ils ne viennent plus pour un groupe, mais vont au Hellfest", se réjouit Alexxx. L’an dernier, ils étaient 50 000, sur le site chaque jour. Ils devraient être 10 000 de plus cette année. Et si les looks, très codifiés – noir, tatouages, maquillage -, peuvent impressionner, les métalleux sont réputés pour être très bon enfant : "C’est un public génial, facile, très poli, hyper tolérant. Il est venu pour faire la fête et découvrir", note Alexxx. Les profils sont en effet variés, plutôt trentenaires, allant de 15 à 80 ans. Et, de plus en plus, la gente féminine se fait sa place (35% du public).

Un style musical à découvrir.
Le metal souffrede sa réputation sulfureuse entretenue par les polémiques brandies par des partis politiques ou groupuscules catholiques, pointant les costumes extravagants, ou le détournement de symboles religieux. "C’est un festival où l’on travaille le paraître, l’imagination. Il faut voir ça comme une grande mascarade rigolote", explique Alexxx. Evidemment, la provocation est bien là. "Le metal parle de rage, de fureur, de sexe, d’alcool, de religion. C’est politiquement engagé. Un vrai message passe." A cela s’ajoute la "vibration ressentie" - les décibels, puissants : "C’est un super exutoire." A tester, donc.

Une ambiance travaillée.
Le Hellfest, c’est aussi un univers soigné, un "délire artistique". "On fait rentrer les festivaliers dans une bulle, en les immergeant dans un univers propre au métal." Scénographie "démentielle", animations, mais aussi sculptures faites par des collectifs d’artistes sont ainsi créées chaque année. Ainsi, une cathédrale haute de 30 mètres accueillera ainsi les arrivants ; une rue réplique de la célèbre artère londonienne Camden Street (autrefois célèbre repaire de punks anglais) a été construite, une grande roue et une guitare géante ont été installées... Question dépaysement, les spectateurs sont chouchoutés.

Des relations soignées avec les locaux.
Depuis ses débuts, le Hellfest s’applique à travailler avec les artisans, habitants, bénévoles, commerçants du coin. Les vignerons clissonnais sont ainsi associés au rendez-vous : ils tiendront un bar à muscadet sur le site. Dans le bourg, les habitants louent des chambres, les magasins s’habillent aux couleurs du Hellfest. "C’est un impact économique important pour le territoire", indique Alexxx. Le public metal est en effet réputé pour ses largesses : souvent de catégorie CSP +, collectionneur, il dépense "facilement jusqu’à 500 euros". 

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