Hauts-de-Seine: le maire d'Asnières veut des drones de vidéo-surveillance

Hauts-de-Seine: le maire d'Asnières veut des drones de vidéo-surveillance

LUTTE CONTRE LA DÉLINQUANCE – Manuel Aeschlimann, maire LR d'Asnières (Hauts-de-Seine), veut équiper sa commune en drones de vidéo-surveillance. Il va soumettre à l'Etat son projet d'ici la fin septembre.

A Asnières, une soixantaine de caméras scrutent en permanence les rues de la ville. Mais pour le maire LR de la ville des Hauts-de-Seine, Manuel Aeschlimann, en matière de vidéo-surveillance, il "faut aller plus loin". Aussi compte-t-il, d'ici la fin septembre, soumettre un nouveau projet à la préfecture des Hauts-de-Seine : acquérir une flottille de drones. 

Pour l'élu entré en fonction en juin 2015, les systèmes de vidéo-surveillance actuels ont une limite : "la fixité des caméras". "Sauf à doter chaque coin de rue de vidéoprotection - c'est matériellement pas faisable - les drones sont les outils techniques les plus adaptés", explique-t-il sur RMC. "Ça permet d'aller au cœur des cités, de prendre en faute un certain nombre d'attroupements qui se mettent dans des coins, des recoins", avance-t-il.

Le principal opposant de Manuel Aeschlimann, l'ex-maire socialiste d'Asnières Sebastien Pietrasanta, ne se montre pas opposé, par principe, au projet. "Je ne suis pas hostile à cette proposition. Il faut vivre avec son temps", approuve l'ex rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats de 2015, interrogé par Le Figaro

"On est au-delà des fantasmes d'Orwell", selon la LDH

Pour l'heure, ce projet n'a fait l'objet d'aucune étude par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), que Manuel Aeschlimann devra saisir, comme le veut la loi. Mais ce concept de "surveillance généralisée" fait frémir, et c'est peu dire, la Ligue des droits de l'Homme. "On est au-delà des fantasmes d'Orwell [auteur du célèbre roman d'anticipation '1984']", s'alarme Me Henri Leclerc, président d'honneur de la LDH sur RMC

"Bien au-delà de la caméra de surveillance, nous sommes dans une surveillance aléatoire, invisible, qui passe partout, qui surveille tout. Nous entrons dans une société où tout individu doit s'exposer en permanence aux autorités pour savoir ce qu'il fait", redoute le ténor du barreau.  Sa principale crainte : que de telles pérogatives, en principe du ressort du "pouvoir judiciaire", ne tombent entre de mauvaises mains. 

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