Le muscadet veut redorer son blason

Le muscadet veut redorer son blason

VIGNOBLE – Les efforts faits depuis une dizaine d’années par les acteurs de la filière des vins de Loire commencent à payer. Le muscadet envahit les tables de Nantes et commence à convertir les Nantais.

Il a longtemps été le mal-aimé. Mais est en train de gagner ses lettres de noblesse. Le muscadet retrouve une place de choix dans les restaurants et dans les épiceries fines. Et séduit à force de travail acharné.

"Il a longtemps souffert d’une mauvaise réputation, celle d’un vin acide, de comptoir. Mais il faut vraiment tourner cette page", indique Sylvaine Bidet, de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. Car, depuis dix ans, les acteurs de la filière de ce vignoble nantais ont opéré une véritable refonte de la production. Le résultat est là : meilleure sélection de la vigne puis des cuvées, élevage plus long, travail sur du vin biodynamique, naturel… donnant des produits plus charpentés, plus ronds et fruités. Aujourd’hui, le muscadet, c’est 600 vignerons, 9 000 hectares, 460 000 hectolitres commercialisés en 2011-2012.

Un travail sur la qualité et le marketing

"C’est un vin qui s’est énormément diversifié", explique Davy Lechardour, le gérant d’ABC Terroirs. Sa boutique de produits locaux, place de la Cathédrale, à Nantes, aligne une quarantaine de références de 3,50 à environ 40 euros. "Historiquement, il accompagne les fruits de mer. Aujourd’hui, on peut faire tout un repas avec. Certains millésimes équivalent à l’aveugle à de grands bourgognes blancs."

Pour faire connaître ses richesses, la filière a aussi mené un important travail de marketing . L’offre, est désormais structurée en trois niveaux : les AOC (haut de gamme), les appellations sous-régionales avec mention "sur lie", qui constituent le cœur de gamme, et un muscadet appellation régionale, destiné à séduire les jeunes urbains. Les vignerons ont aussi accru leur présence à Nantes, avec l’installation d’une Maison des vins de Loire place du Commerce, ou leur participation à des événements de premier plan, comme le Hellfest, les Rendez-vous de l’Erdre ou les Muscadétours.

Pour autant, convertir les foules n’est pas toujours facile. Les gérants du Bistronome nantais, en face du château, ont, eux, été convaincus. Ils ont proposé jusqu'à sept muscadets sur leur carte. "Nous travaillons avec des produits locaux en cuisine, il nous semblait évident de mettre en avant ce vin du coin, explique la gérante, Hélène Decottignies. Mais les clients sont plus réceptifs à des produits comme le quincy ou le menetou-salon, plus à la mode."

Au restaurant-salon de thé Dinette, rue du Château, Sophie Provost et Amandine Renaud font le même constat : "Les gens ne vont pas naturellement le choisir. Il faut le vendre !" Elles, confiantes dans le produit proposé, mettent leurs clients au défi : "On leur dit : goûtez, et vous verrez. Ils nous font confiance… et très peu sont déçus. Il faut vraiment faire de la pédagogie, surtout chez les Nantais !"

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