Le Paris Plages version MuCEM de Marseille annulé à cause des polémiques

Le Paris Plages version MuCEM de Marseille annulé à cause des polémiques

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CULTURE - Le MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), institution phare du paysage culture marseillais, a annoncé dimanche qu'il renonçait à son projet baptisé "MuCEM Plage", qui avait suscité "polémiques" et "oppositions".

Le MuCEM (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), institution phare du paysage culture marseillais, a annoncé dimanche qu'il renonçait à son projet baptisé "MuCEM Plage", qui avait suscité "polémiques" et "oppositions". Ce projet prévoyait, à l'image de Paris Plages , de créer ex-nihilo une plage devant l'entrée du musée situé lui-même sur l'esplanade du J4, un ancien hangar à bateaux sur le front de mer. 

640 tonnes de sable devaient être utilisées pour transformer ce lieu du 25 juillet au 21 août en un "espace de rencontre et de découverte, éco-responsable, s'adressant aux visiteurs comme aux Marseillais qui ne partent pas en vacances", selon le communiqué du MuCEM. Une "série d'installations artistiques imaginées par l'association Yes We Camp" (voir ci-dessous) devait également être proposée au public, entre bars, terrains de sport et transats, cours de yoga et barbecues sur ce site où la baignade est cependant interdite.

La direction regrette cette décision

"Cet événement d'un musée national sortant de ses murs pour aller vers la ville a rencontré de nombreux soutiens enthousiastes, mais a pu également susciter des polémiques. Or, une proposition culturelle et conviviale de cette ambition n'a de sens qu'à la condition de dépasser les clivages traditionnels, de rassembler et fédérer. (...) La direction du MuCEM ne peut que constater et déplorer des oppositions ou des incompréhensions et annule la manifestation", regrette-t-elle dans son communiqué.

Parmi les critiques, la CFDT Culture avait notamment stigmatisé le 3 juin  sur son site Internet  le "contenu scientifique, culturel ou artistique plus que discutable" de ce projet, affirmant que son financement à hauteur de "plusieurs centaines de milliers d'euros" allait conduire à "rogner sur les programmations prévues".

Dans La Provence, le directeur du MuCEM avait évoqué un budget "de l'ordre de 380.000 euros en coût supplémentaire". La CFDT avait aussi moqué l'installation de douches et brumisateurs, alors que l'accès à la mer est interdit. Autre grief: l'impact de l'infiltration du sable "agent éminemment volatil et potentiellement corrosif" sur les collections.

"Nous avions raison"

Au lendemain de la décision d'annuler l'événement, la secrétaire générale de la CDFT Culture, Cécila Rapine salue cette initiative. "Cela nous conforte dans l'idée que nous avions raison dans notre argumentaire", explique-t-elle à metronews

Dénonçant un coût total de 700 000 euros pour une opération consistant "à faire venir du sable de Montpellier", la syndicaliste juge que cela aurait fait "une belle photo", mais n'aurait pas permis un meilleur accès à la culture. "Pour attirer les gens au MuCEM, il faut une bonne programmation et de meilleurs transports pour se rendre dans le musée. Pas du sable...", conseille-t-elle.

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