Le patron du MuCEM défend le bilan de son musée, épinglé par la cour des comptes

Le patron du MuCEM défend le bilan de son musée, épinglé par la cour des comptes

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CULTURE - Gestation "laborieuse", projet muséographique "mouvant", équilibre économique "fragile" : la Cour des comptes tire un bilan critique du lancement du Musée des civilisations de l'Europe et de Méditerranée, à Marseille, malgré un vrai "engouement public".

Une trop longue gestation
Aux yeux de la Cour , une bonne partie des problèmes vient de la "longue gestation" de ce musée, né du projet de délocaliser depuis Paris le Musée national des arts et traditions populaires ( MNATP ). Soit treize ans entre cette décision de décentralisation et l'ouverture du Musée des civilisations de l'Europe et de Méditerranée en juin 2013, gonflant la facture de 88,1 à 160,2 millions d’euros.

"Plus on réfléchit, plus ça coûte", admet le directeur du MuCEM , Jean-François Chougnet. Mais, en mètres carrés, on obtient "des chiffres très comparables au centre Pompidou Metz ou au Louvre Lens". Et "les surcoûts ont déjà été résorbés", assure-t-il.

Un projet muséographique contesté
Malgré sa longue gestation, la création du MuCEM "n'a pas été précédée ni accompagnée d'une réflexion approfondie" du ministère de la Culture "sur le sens et la place des musées de société", constate la Cour, qui relève "des objectifs qui se recoupent" avec d'autres institutions existantes (musée du Quai Branly, Cité nationale de l'histoire de l'immigration...).

Un "atypisme" sans "contradiction", selon Jean-François Chougnet. "Un musée, c'est aujourd'hui une grande base de données (...) dans laquelle on va extraire, de temps en temps, une espèce d'anthologie, un florilège qu'on expose pour construire un récit, du plaisir, de la connaissance", déclare-t-il.

Un projet économique fragile
Dans son rapport, la Cour pointe un équilibre économique "fragilisé" par des ressources propres limitées (26% en 2014, pour un objectif de 43% en 2015). Jean-François Chougnet rétorque : "On est un établissement jeune". Le niveau des recettes propres – billetterie, mécénat et location d'espaces – s'explique par "un choix de tarification modérée": "On ne peut pas comparer le pouvoir d'achat moyen des touristes parisiens avec (celui) des habitants de Marseille."

Sur les deux millions de visiteurs du site en 2014, 650.000 ont franchi les portes (payantes) des expositions temporaires, précise-t-il: "Mais ceux qui n'entrent pas dans les expositions ne sont pas des imbéciles. (...) La visite patrimoniale du Fort Saint-Jean (annexe du musée, ndlr) et la découverte de l'architecture contemporaine (...), c'est une visite culturelle."

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