Le procès de l’explosion du cours Lafayette s’ouvre ce lundi

Le procès de l’explosion du cours Lafayette s’ouvre ce lundi

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JUSTICE – Le 28 février 2008, une violente explosion tuait Stéphane Abbes, un pompier de 35 ans, et blessait une soixantaine de personnes. Les responsabilités GRDF, GDF Suez, Veolia et deux sous-traitants sont à déterminer devant le tribunal correctionnel. Le procès va durer trois semaines.

C’était il y a six ans, presque jour pour jour. Le 28 février 2008 à 12 heures 15, une très violente explosion se produisait au 117, cours Lafayette à Lyon . Le pompier Stéphane Abbes, 35 ans et père de deux enfants, perdait la vie, enseveli sous une dalle de béton alors qu’il procédait à une reconnaissance de l'immeuble après qu’une fuite de gaz a été signalée un peu plus tôt dans la matinée.

Environ soixante personnes ont également été blessées dont un ouvrier de GDF, treize pompiers et cinq policiers. Les dégâts matériels de l’accident étaient également très conséquents, puisque des vitrines et des véhicules alentours ont été détruits. A partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon, GRDF, GDF Suez, Veolia et deux sous-traitants sont jugés dans le cadre de cette affaire.

Ces sociétés comparaissent notamment pour "homicide involontaire, blessures involontaires ayant entraîné une interruption totale de travail de plus de trois mois, dégradations involontaires par explosion ou incendie dues à un manquement à une obligation de sécurité". Elles encourent 225 000 euros d'amende et diverses peines complémentaires jusqu'à l'interdiction d'exercer. Plus de 160 personnes physiques et morales sont parties civiles à ce procès étalé sur trois semaines.

De multiples négligences

L'enquête fera en effet ressortir des causes multiples et notamment des négligences de la part des sociétés intervenant sur le chantier, ainsi que dans la gestion de la fuite de gaz. Gaz Réseau Distribution de France (GRDF), chargé de la maintenance et de l'intervention, se voit reprocher de n'avoir pas mis en place une procédure efficace, connue de ses employés en cas de fuite dans un ouvrage enterré.

La justice impute à GDF Suez une "négligence" dans sa mission de contrôle du chantier lorsque les canalisations de gaz ont été installées, en ne donnant pas l'ordre de les protéger davantage au vu des contraintes du sol. Veolia est pour sa part accusé de n'avoir pas respecté son obligation de demande de renseignements et de ne pas avoir disposé de plans suffisamment à jour avant de procéder aux travaux.

La société Roche est quant à elle poursuivie pour la technique inadaptée utilisée lors du changement de canalisation d'eau, sans avoir fait de sondages préalables pour s'assurer de la véracité des plans. Enfin, la société Gauthey, qui en 2003 avait remplacé la canalisation de gaz en cause, est poursuivie pour ne pas l'avoir alors suffisamment protégée.
 

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