"Le Progrès" : après la polémique sur l'infographie, des plaintes contre le journal

"Le Progrès" : après la polémique sur l'infographie, des plaintes contre le journal

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POLEMIQUE - De nombreuses associations ont décidé d'attaquer le quotidien régional après que celui-ci a fait paraître une infographie catégorisant les types de délinquances selon la nationalité. Le rédacteur en chef du journal s'explique.

Attaqué de toutes parts. Pour son infographie liant nationalité et délinquance parue dans son édition de ce mardi, le journal Le Progrès est sous le coup de plusieurs plaintes d'associations. SOS Racisme a dégainé le premier, en déposant une plainte contre X, après avoir évoqué un article "nauséabond." Le Mrap du Rhône a également porté plainte contre le journal pour "incitation à la haine raciale.""En stigmatisant ainsi des catégories entières de citoyens en raison de leur origine, de leur nationalité, de leur mode de vie ou de leur lieu d’habitation, sans jamais ne citer aucun chiffre, Le Progrès montre une certaine conception du journalisme qui a été saluée immédiatement par le Front national", ajoute le mouvement dans un communiqué.

La Ligue des droits de l'homme Rhône-Alpes et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) dénoncent également un encart "incitant à la xénophobie." Des politiques comme la député européenne PS Sylvie Guillaume , le Parti Communiste, le Parti de Gauche ou encore EELV Rhône sont aussi montés au créneau. A l'intérieur même de la rédaction du quotidien, certains journalistes de la rédaction protestent.

"Surexploitation d'une maladresse lexicale"

Dans un communiqué intitulé "La nausée et les mains sales", la section du syndicat national des journalistes du Progrès estime que "ce dérapage consacre la faillite d’une politique éditoriale basée sur le tout faits divers, la sempiternelle course aux clics sur le Web, la recherche de l’audience à court terme". Interrogé par l'AFP, Xavier Antoyé, le rédacteur en chef du journal, reconnaît "une maladresse rédactionnelle dans l'encadré", tout en soulignant que l'enquête du quotidien, intitulée "Délinquance, criminalité organisée: qui fait quoi dans le Rhône", était un travail "sérieux, fouillé et documenté" sur les différentes filières.

"En décembre dernier, le ministère de l’Intérieur a publié une enquête du même type sur laquelle tous les médias ont fait leur une", précise-t-il. Avant d'ajouter : "nous sommes donc un peu abasourdis par ce déferlement sur les réseaux sociaux et ce qui nous désole, c'est la surexploitation d'une maladresse lexicale. On ne peut pas laisser croire que Le Progrès a des intentions stigmatisantes ou malveillantes, ce n'est pas dans l'ADN de notre journal."

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