Le RC Lens n'est pas le bienvenu chez les Ch'tis

Le RC Lens n'est pas le bienvenu chez les Ch'tis

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POLEMIQUE - En raison de travaux de rénovation du stade Bollaert, le RC Lens devra se trouver un nouveau point de chute pour la saison prochaine. Mais ni le Losc ni Valenciennes ne semblent chauds pour accueillir leur voisin. Et désormais, les politiques s’en mêlent…

L’histoire est un éternel recommencement. Mais en ce qui concerne le Nord Pas-de-Calais et ses stades de foot, on a plutôt affaire à un running gag. Pendant dix ans, le Losc a été obligé de s’expatrier chaque fois qu’il disputait la Ligue des champions. Les Dogues ont donc joué leur match "à domicile" au Stade de France et par deux fois à Bollaert (2001-2002 et 2006-2007) non sans que cela ne froisse les supporteurs lensois.

Aujourd’hui, le casting et le même, seuls les rôles changent. En raison des travaux de rénovation de son stade en prévision de l’Euro 2016 en France, le RC Lens va devoir se trouver un nouveau terrain de jeu à partir de la saison prochaine. Les Sang et Or ont tout de suite imaginé venir jouer dans le Grand Stade de Lille (50.000 places), mais le président du Losc a mis son veto en début de semaine. "J’ai consulté tous les services de la préfecture et il est techniquement impossible de recevoir le RC Lens pendant dix-huit mois", a expliqué Michel Seydoux.

"Bienvenue chez les cons"

Le refus lillois a mis le feu aux poudres . Et cette semaine, lors de ses vœux, le président lensois Gervais Martel a exprimé sa façon de penser. "Pour Lille en Ligue des champions, j’ai dit oui et je m’en suis pris plein la tête ensuite, a-t-il lâché. Ce serait une histoire de dingue. Si on ne parvient pas à s’entendre et que Dany Boon devait refaire un film, ce serait Bienvenue chez les cons."

Autre solution envisagée pour héberger les Lensois : aller jouer à Valenciennes. Mais là-bas, comme à Lille, l’idée de recevoir une autre équipe n’enthousiasme pas les foules. Des deux côtés, on invoque des raisons de sécurité et la difficulté pour les pelouses de supporter la cadence d’un match par semaine pour justifier ce refus poli. L’idée de voir un concurrent direct sur le plan économique et sportif - car Lens est bien parti pour remonter en Ligue 1 - débarquer pour un an et demi n’est sans doute pas étranger non plus.

Aubry soutient Seydoux, Percheron avec Martel

Les politiques de la région n’ont pas tardé à prendre leur dossier à leur compte. Président de la Région et grand supporter lensois, Daniel Percheron imagine mal que son équipe ne puisse pas jouer à Lille alors que le conseil régional a financé le stade lillois à hauteur de 45 millions d’euros. Michel Seydoux, président du Losc, peut, lui, compter sur l’appui de Martine Aubry. "C’est à lui qu’appartient la décision sur le plan juridique", affirmait cette semaine sur France Bleu Nord la maire de Lille et présidente de la communauté urbaine.

Présidente de Valenciennes Métropole, Valérie Létard invite, elle, au dialogue dans les colonnes de la Voix du Nord. "Aucun stade, aucun club, aucune collectivité ne peuvent assurer seul l’ensemble des matchs du RC Lens", précise-t-elle tout de même. Pour contenter tout le monde, l’idée de faire jouer les Sang et Or à Lille, Valenciennes et Calais, selon l’importance des affiches, a été soulevé. Mais un club professionnel n’est autorisé à jouer que dans deux stades différents au cours d’une même saison… Les dirigeants sportifs et politiques de la région vont donc devoir se mettre autour d’une table pour trouver une solution. Faute de quoi, Lens ira jouer au Stade de France et la légendaire solidarité régionale sera définitivement mise hors-jeu.

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