Le retour du redoublement à l'école : une chance ou une perte de temps ?

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DÉBAT - Un projet de décret examiné ce mercredi par une commission spécialisée avant d'être présenté devant le Conseil supérieur de l'éducation le 14 décembre, rétablit la possibilité du redoublement, rendu exceptionnel par le précédent gouvernement. L'émission la République LCI a tenté d'en dresser les avantages et les inconvénients.

Pour  cet élève, nous demandons le redoublement. Cette phrase pourrait à nouveau être prononcée lors des conseils de classes. C’est en tous cas le souhait du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer qui désire redonner le pouvoir aux professeurs. En effet , un projet de décret sur le redoublement va être examiné ce mercredi par une commission spécialisée puis présentée en conseil supérieur de l’Éducation (CSE) le 14 décembre prochain. S'il est adopté, il sera appliqué dès le mois de janvier 2018.


Lors de l'émission la République LCI diffusée ce mercredi, ses présentateurs Roselyne Bachelot et Julien Arnaud ont débattu avec leurs invités sur le retour du redoublement. 

POUR : "Transformer la relation à l'échec de l'élève"

"Il s'agit de transformer la relation à l'échec de l'élève"  affirme Laetitia Avia, députée LREM de Paris , "l'idée n'est pas de se dire que lorsqu'un élève est en échec" qu'il faut recommencer la même chose avec les même personnes. "La mise en place de soutiens scolaires et de stages pendant les vacances pourraient permettre de rectifier le tir" a-t-elle continué. Didier Favori, coach sportif, abonde en ce sens. "On ne peut pas décréter que tous les enfants soient les mêmes. Il y a des enfants qui ont besoin d'être aidés" détaille t'il.

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REDOUBLEMENT, LE RETOUR

CONTRE : "Redoublement : un effet minime"

Pour eux, le retour du redoublement serait aussi efficace qu'un tonneau percé.  D'après le magistrat Serge Portelli, la différence n'en sera que "minime".  " Au final, il sera un peu moins dans les mains des parents et davantage dans celles des équipes pédagogiques" nuance t-il. 

Reboubler, oui, mais "dans deux cas bien précis"

Selon Roselyne Bacelot, celui-ci doit intervenir dans des cas bien précis. l'ancienne ministre estime"qu'il n'est pas une solution en cas d'échec scolaire." Il doit  est préconisé dans deux cas bien précis, un élève qui "a été malade durant des mois"  ou alors en cas de réorientation. Ces solutions sont "très coûteuses en moyen financier et  personnel" rappelle Roselyne Bachelot.

La journaliste Natacha Polony tranche dans le vif et évoque une opposition entre  "un courant gestionnaire (le redoublement coûte 2 milliards d'euros à l'état) et un autre plus pédagogique."un redoublement ne doit pas être sec"[...]...Il est surtout efficace dans les petites classes" a-t-elle déclaré.

Selon l'OCDE, 22% des élèves avaient redoublé au moins une fois  avant leur 15 ans en 2015 contre 39% en 2003. 

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