Le sous-préfet qui a invité les Kurdes à "foutre le camp" devra s'expliquer

Le sous-préfet qui a invité les Kurdes à "foutre le camp" devra s'expliquer

POLEMIQUE - Il avait invité les Kurdes de Marseille à prendre les armes pour défendre leur peuple, plutôt que de manifester. L'heure est aux explications pour Gilles Gray, le directeur de cabinet du préfet de police.

Ses propos avaient fait grand bruit. Mais aujourd'hui, la préfecture de police rétro pédale. Le directeur de cabinet du préfet de police des Bouches-du-Rhône va devoir s'expliquer auprès du ministère de l’Intérieur.

En effet, Gilles Gray lors d'un entretien avec une délégation de la communauté kurde s'était emporté en tenant en tenant un discours très violent vis-à-vis de ses interlocuteurs. Commentant les manifestations de la communauté en soutien aux Kurdes de Syrie menacés par les combattants de L'Etat Islamiste. Il n'avait pas hésité à déclarer : "Vous avez vos sœurs et vos frères qui sont là-bas, il faut les aider d'une manière ou d'une autre. Ce n’est pas en faisant les cons sous l'Ombrière (située sur le Vieux Port, et où se terminent de nombreuses manifestations à Marseille, ndlr) que vous allez les aider". Avant de poursuivre : "Les Marseillais s'en foutent, les Français de manière générale ont tellement de soucis, les gens s'en foutent (...) Alors, foutez le camp !"

Le quotidien La Marseillaise avait été le premier à rapporter et a diffusé des extraits de l'enregistrement de ces propos enregistré par des personnes présentes à cette réunion.  Aujourd'hui l'heure est aux explications à la préfecture et le moins que l'on puiise dire est que la hiérarchie de Gilles Gray entend bien se désolidariser des positions de son collaborateur

Violence inouïe et bêtise crasse

"L'entretien était lié à un changement de trajet d'une manifestation prévue, annoncé hors des délais légaux", a expliqué le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain. "Il a duré plus d'une heure, et au-delà de son objet premier, il s'est poursuivi avec des propos plus informels et plus personnels, tant dans la forme que dans le fond", a-t-il poursuivi.

"Ces propos ne sauraient engager l'Etat, mais ils posent question car ils sont tenus dans le cadre de l'exercice de fonctions" de sous-préfet et directeur de cabinet du préfet de police, a ajouté M. Bonnetain: "Face à cette situation, la personne en question a été invitée à apporter les explications utiles pour envisager les conséquences que l'administration estimera opportunes." "C'est une affaire qui par sa sensibilité retient l'attention de l'administration centrale", c'est-à-dire du ministère de l’Intérieur, a encore assuré le préfet, promettant que l'affaire serait "cernée dans les meilleurs délais".

Dénonçant dans un communiqué un "manque de solidarité élémentaire" et des propos "d'une violence inouïe et d'une bêtise crasse", SOS Racisme a de son côté demandé que "des sanctions soient prises dans les plus brefs délais".
 

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