Le tracé de la future LGV passé au crible par l’"archéodrone"

Le tracé de la future LGV passé au crible par l’"archéodrone"

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ARCHEOLOGIE – Si les premiers coups de pioche sur le tracé de la LGV Bordeaux-Toulouse ne sont prévus qu’à l’horizon 2019, une équipe d’archéologues est d’ores et déjà à pied d’œuvre pour scruter le périmètre à l’aide d’un drone.

Un drone pour repérer les vestiges archéologiques. Les hélices giflent l’air dans un léger bourdonnement, puis l’engin à pattes d’insecte s’élève dans les airs avant de se stabiliser à 100 mètres d’altitude. A bord de ce drone a été placée une caméra thermique qui, pendant les huit minutes de vol, va photographier les champs de maïs de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), à proximité du tracé de la future ligne à grande vitesse (LGV). Objectif : détecter la présence d’éventuels sites archéologiques enfouis et encore méconnus.

"Des plantes qui poussent au-dessus de structures maçonnées, comme des murs, ont tendance à connaître un stress hydrique (lorsque la quantité d'eau transpirée par la plante est supérieure à la quantité qu'elle absorbe, ndlr) plus important que les autres", explique Nicolas Poirier, chargé de recherche CNRS à Toulouse et spécialiste en archéologie. Les céréales qui poussent sur les vestiges affichent une température plus élevées permettant aux capteurs thermiques de repérer les sites archéologiques.  

Une construction du XVIe siècle repérée

Aux commandes de l’archéodrone, il passe régulièrement en revue, depuis le mois de mars, le site de 50 hectares dont les limites ont été définies en début d’année. "Nous avons commencé par passer 10 jours sur le sol nu à ramasser du mobilier archéologique, comme des tessons de céramique ou des fragments de tuiles datant de l’âge de bronze mais aussi du Moyen-Age. Nous avons ainsi repéré plusieurs concentrations, ce qui peut signifier qu’il y avait auparavant des fermes ou des habitations", indique le chercheur.

L’archéodrone se stabilise justement au-dessus de l’une d’elle. Sur l’écran de contrôle, apparaît une tache légèrement plus sombre. "Nous l’avons déjà remarquée lors d’un précédent vol, explique Nicolas Poirier. Il s’agit a priori d’une construction datant du XVIe ou XVIIe siècle, qui apparaît par ailleurs sur le cadastre napoléonien." Preuve que la méthode fonctionne !

Gain de temps pour les fouilles préventives

Reste à convaincre le service régional de l’archéologie de son utilité en amont des fouilles préventives sur le tracé de la future LGV, qui devraient se dérouler entre 2017 et 2019. "Deux ans sur un si grand tronçon, c’est très court, note Florent Hautefeuille, maître de conférences en archéologie médiévale à l’université Toulouse-Jean-Jaurès . Grâce aux données récupérées par le drone, on pourrait prioriser les sites les plus intéressants et ainsi faire gagner un temps précieux aux archéologues." 
 

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