Le "train du jaune" dans le viseur de la région Midi-Pyrénées

Le "train du jaune" dans le viseur de la région Midi-Pyrénées

TRANSPORTS – Empruntée par de nombreux usagers pour relier l'Andorre et s’approvisionner en produits détaxés, la ligne de TER qui relie Toulouse à Latour de Carol abrite depuis quelques années un trafic parallèle d'alcool et de cigarettes. La région Midi-Pyrénées a décidé de s'y attaquer en supprimant le bus qui assure la liaison jusqu'au Pas de la Case.

Un train précédé par sa réputation. La ligne TER Toulouse - Latour de Carol est dans le viseur de la région Midi-Pyrénées . Cette ligne qui a même été baptisée le "train du jaune" en référence à la boisson anisée, est bien connue des toulousains.

Certains d'entre eux l'empruntent pour relier l'Andorre via une navette qui relie la gare de l'Hospitalet-Près-l'Andorre (Ariège) au Pas de la Case. Objectif : s’approvisionner légalement en produits détaxés. Notamment en cigarettes et en alcool.

Mais au vu de "la multiplication des actes d'incivilité et des incidents débouchant sur des altercations physiques", Martin Malvy a annoncé aujourd'hui dans un communiqué sa décision de supprimer la ligne de car.

Insultes et personnes alcoolisées

Car depuis plusieurs années, elle génère un trafic parallèle. "C'est très rodé. Plusieurs fois par semaine, les mêmes personnes, ramènent cigarettes et alcool pour les revendre en France", indique Michel Ricci, secrétaire régional de la CGT cheminots. Des usagers s'en sont plaint et au fil du temps, c'est devenu le point noir pour les contrôleurs de Midi-Pyrénées. "Ils sont régulièrement insultés, bousculés, font face à des personnes alcoolisées qui refusent de se soumettre aux contrôles" poursuit-il.

Le problème n'est pas nouveau mais selon la région "malgré la mobilisation des services de l’Etat, notamment de la police aux frontières et des douanes, les difficultés rencontrées à bord des cars perdurent et la situation continue de se dégrader". la collectivité territoriale a donc décidé de supprimer la navette en car.

"Les trafiquants trouveront d'autres méthodes"

Pour le syndicaliste cette décision ne règlera pas le problème. "Cela ne va pas arrêter les trafics sur la ligne de train. Ils trouveront d'autres méthodes. On en voit déjà emprunter des taxis à quatre. Et la compagnie de bus pourrait tout à fait proposer ces trajets à titre privé. Le car est plein à chaque fois, poursuit Michel Ricci. En revanche cela pénalise les usagers qui utilisent la ligne sans causer de problèmes". Le syndicat demandait de son côté un renforcement des effectifs de contrôleurs et la création d'un poste de contrôle ferroviaire à Muret pour mobiliser des agents plus rapidement sur la ligne.

La SNCF mettra cette mesure en application à compter du 15 octobre précise Martin Malvy dans son courrier.

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