Le tueur en série Patrick Salameh condamné à la perpétuité

Le tueur en série Patrick Salameh condamné à la perpétuité

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JUSTICE - Au terme de trois semaines de procès aux assises, le tueur en série Patrick Salameh a été condamné jeudi la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans pour la disparition, suivie de la mort, de trois prostituées et du viol d'une quatrième.

Jusqu’au bout Patrick Salameh aura continué de nier les évidences. Jugé depuis trois semaines devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, le quinquagénaire poursuivi pour la disparition, suivie de la mort, de trois prostituées et du viol d'une quatrième a été condamné jeudi à la réclusion criminelle à la perpétuité.

Debout dans le box, Patrick Salameh, 56 ans, n’a pas bronché à l'écoute du verdict. "Je n'ai rien de particulier à dire", avait fait valoir Salameh à l'ultime minute du procès, demandant à nouveau son renvoi et incitant "ceux qui sont intéressés" à consulter son site Internet où "il explique les détails".

"Je suis innocent des disparitions, je n'ai pas violé Soumia", avait-il répété. Soumia est la seule survivante, venue témoigner et affronter une dernière fois le regard de son tortionnaire. Pour Salameh, "tout repose sur ses accusations verbales. Vous allez décider sur des hypothèses, des présomptions", avait-il lancé à l'adresse des jurés.

Un procès à rebondissements

N’hésitant pas à prendre à parti le président de la cour, Patrick Salameh a, à de multiples reprises, contesté la légitimité du tribunal. Point d’orgue de cet affrontement, l’absence de ses avocats qui ont quitté l'audience au début de procès invoquant un vice de procédure.

"C'est une technique d'esquive", avait déclaré l'avocat général, Gilles Rognoni dénonçant "un système de défense multipliant les demandes inutiles" pour éviter le procès. Mis en difficulté par les traces ADN de ses victimes trouvés dans son appartement, Patrick Salameh aura seulement reconnu les avoir fréquentées.

Gilles Rognoni avait stigmatisé ce refus de "s'expliquer sur les points fondamentaux", en témoigne selon lui son insistance à orienter l'enquête puis le procès "vers d'autres pistes qui s'avèrent ridicules" et son recours à une "théorie du complot", dont il se dit victime.

Docteurr Jekill et Mister Hyde

Vêtu, comme tous les jours, d'un même pantalon de survêtement bleu, haut kaki et t-shirt blanc, Patrick Salameh, à l'énoncé du verdict, est resté impassible. Mais sous l"hyper-normalité" apparente, l'avocat général avait lui décelé un des plus grands tueurs en série français. "Avec son interpellation", c'est un coup d'arrêt à l'"un des grands souffles criminels du début du XIe siècle", avait-il souligné.

Durant tout le réquisitoire, il avait fait le portrait d'un "parasite social", n'ayant jamais travaillé, et par ailleurs violent, condamné 20 ans auparavant pour vol à main armée et actes de torture.

Comme les avocats des familles de victimes la veille, il avait dressé le portrait d'un tueur en série manipulateur, un Mister Hyde caché derrière le docteur Jekyll. Salameh ? "un délinquant de haut vol, un pervers sexuel, tout cela ne pouvait que donner lieu à ce qui s'est passé" avec des prostituées "fragilisées" et sans "aucune protection", selon Gilles Rognoni.

A l'issue de la dernière audience, Salameh, qui doit de nouveau être jugé pour la disparition d'une baby-sitter, en 2008 à Marseille, a annoncé qu'il ferait appel du verdict. La victime survivante, Soumia s'est dite soulagée. "Pour la première fois" depuis la nuit de cauchemar, "j'ai bien dormi", a-t-elle expliqué, tout en regrettant qu’il n'ait pas avoué les crimes ni où se trouvaient les corps.
 

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