Lens : une famille mise à la porte de sa propre maison par des squatteurs

Lens : une famille mise à la porte de sa propre maison par des squatteurs

DirectLCI
FAITS DIVERS - Une famille lensoise ne sait plus comment se débarrasser d’une locataire qui s’est approprié leur logement en changeant toute les serrures. Démunis, les propriétaires ne voit pas le bout de cet imbroglio.

Une histoire à dormir debout. Voilà sans doute la meilleure manière de résumer la mésaventure qui touche depuis plusieurs mois Ophélie Saison et sa famille à Lens. Pendant des années, elle a partagé avec ses parents, ses frères et sœurs et sa grand-mère, une maison du centre-ville. Au décès de cette dernière en juillet dernier, la famille envisage de vendre la demeure familiale. C’est à ce moment-là que les choses se compliquent.

"Quand on est venu pour préparer le déménagement on a remarqué qu’un congélateur avait bougé, raconte Ophélie à metronews. Et juste derrière on a découvert une trappe qui donne accès au logement mitoyen. "  La maison d’à côté, qui appartient aussi à la famille de la jeune femme, est habitée par une locataire qui ne paye plus ses loyers depuis longtemps. La famille Saison ne met pas longtemps à comprendre. "La locataire et ses deux filles ont fait ce trou pour pouvoir circuler dans la maison de ma grand-mère, elles s’y sont installées."

Toutes les serrures changées

La situation déjà hors du commun va alors franchir un pas supplémentaire dans l’invraisemblable. "On a appelé la police mais ça n’a rien donné car selon la loi ce n’est pas une violation de domicile, poursuit la jeune femme. Quand on a voulu revenir quelques jours plus tard toutes les serrures avaient été changées, impossible de rentrer chez nous." Non content de ne pas payer leurs loyers, les locataires viennent tout simplement de s’approprier la maison. Ophélie et sa famille sont à la porte de leur propre domicile.

"On a tout essayé de manière légale pour les faire partir, poursuit-elle. Mais la justice est très longue dans ce cas-là, on nous a dit que ça pouvait prendre trois ans." Et pendant ce temps-là les frais de procédure se multiplient… "Aujourd’hui on ne sait plus quoi faire, désespère Ophélie. On ne peut pas payer indéfiniment des huissiers et des avocats sans résultat. " Usés par cette guerre des nerfs mais déterminés à récupérer leur bien, Ophélie et sa famille ont décidé de faire connaître leur histoire. Une page Facebook a été ouverte pour expliquer leur cas et compte aujourd’hui près de 1500 likes.

Des poèmes et des citations pour résister

Mais la famille Saison ne se fait pas connaître que sur la toile. Afin que personne ne puisse ignorer ce qui se trame dans cette habitation de la rue Felix-Faure à Lens, Ophélie et ses frères et sœurs viennent régulièrement écrire des messages à l’attention de leur grand-mère, des citations de Gandhi ou Camus, et dessiner des smileys sur la porte du garage de leur maison. Des petites attentions toujours positives pour bien montrer qu’ils ne lâchent pas. Et tant pis si les messages sont effacés presque aussitôt par les squatteurs.

Une résistance pacifiste et non-violente qui n’a pour l’heure pas porté ses fruits. « C’est aussi une façon d’entretenir la mémoire de notre grand-mère, précise Ophélie. Les squatteurs veulent enlever toute trace de son existence ici, même son nom sur la porte a été effacé. Avec toute cette histoire on est tellement dans le stress qu’on n’a même pas pu faire notre deuil. »
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter