Les anti-aéroport s’étaient introduits chez Pinault : délibéré le 21 mai

Les anti-aéroport s’étaient introduits chez Pinault : délibéré le 21 mai

France
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JUSTICE – Quatorze opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’étaient introduits chez le milliardaire François Pinault dans les Yvelines. Ils ont comparu hier en appel devant le tribunal de Versailles.

Ils avaient fait appel de la première décision. Quatorze opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes s’étaient introduits en janvier 2013 dans la propriété de François Pinault, dans les Yvelines. Le milliardaire est en effet un des actionnaires du groupe Vinci, concessionnaire du futur aéroport.

Pour la plupart âgés de moins de 30 ans et proches du mouvement altermondialiste, ils étaient entrés dans le domaine du château de La Mormaire, où ils avaient déployé des banderoles et scandé des slogans tels que "Pinault, pollueur, voleur" et "Pinault, on aura ta peau". Un slogan que les prévenus ont réfuté par la suite.

Deux mois de prison avec sursis en première audience

Le 24 juin dernier, ils avaient été condamnés à deux mois de prison avec sursis pour "violation de propriété" et "menaces de mort" ainsi qu'à des amendes de 800 euros pour ne pas s'être soumis à des prélèvements ADN. Un euro de dommages et intérêts avait également été accordé à François Pinault.

Hier, le tribunal de Versailles a étudié leur demande d’appel. "Défendre une cause, c'est très bien, mais de là à enfreindre la loi, c'est autre chose", a dit dans son réquisitoire l'avocate générale, qui s'en est remise pour les condamnations aux "appréciations du tribunal". La défense, elle, a plaidé la nullité des poursuites, soulignant que pendant leur garde à vue, les clients n’avaient pu prévenir leur famille et leur avocat.

A la barre, une des prévenus a expliqué : "On n'a jamais voulu lui faire peur, ce n'est pas la personne privée qu'on visait mais l'actionnaire". D’autres ont dit ne pas s’être rendus compte qu'ils étaient rentrés dans une propriété privée, le grillage entourant le domaine étant à terre et recouvert de feuilles et de boue. Ils ont cependant reconnu, sous les questions de la présidente du tribunal, que l'objectif était "de s'approcher au plus près du château" de l'homme d'affaires. "M. Pinault fait partie des personnes inatteignables", a justifié un des jeunes hommes, avant de déplorer que "leur combat" pour défendre des paysans et leurs terres "ne soit pas entendu". Le jugement a été mis en délibéré au 21 mai.
 

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