Les arrêtés anti prostitution attendus en juin à Toulouse

FRANCE

SECURITE – D'ici quelques semaines les premiers arrêtés interdisant la prostitution dans certains quartiers de Toulouse vont être mis en application. Si les riverains se montrent satisfaits, les défenseurs des prostituées montrent leur inquiétude pour leur sécurité.

La prostitution dans la ligne de mire. Les premiers arrêtés qui devraient interdire le proxénétisme dans les quartiers des Ponts-Jumeaux et des Minimes devraient entrer en vigueur d'ici au mois de juin. C'est en tout cas la promesse faite par Olivier Arsac, adjoint à la sécurité, aux représentants des comités des deux quartiers. Cela répond à une promesse de campagne du candidat Moudenc qui avait promis de "lutter contre les excès de la prostitution quand celle-ci porte atteinte à la tranquillité publique".

Le nouveau "Mr Sécurité" du Capitole pourrait s'inspirer des arrêtés déjà en vigueur à Albi ou Lyon et qui interdit "à des personnes se livrant à la prostitution de stationner ou de se livrer à des allées et venues répétées (…)".

Inquiétude des associations qui défendent les prostituées

"Aux Ponts Jumeaux c'est la moitié du secteur qui est concerné", note Claude Marquié, vice-président du comité de quartier. Aux Minimes, la plupart des grands axes, avenues et boulevards, ainsi que quelques petites rues adjacentes devraient être interdits aux prostituées. "Entre les nuisances sonores et les insultes, c'est devenu infernal", regrette Serge Baggi, membre du comité de quartier des Minimes. Les riverains espèrent que la présence policière - avec notamment le doublement du nombre des policiers municipaux - sera plus dissuasive.

Du côté de Grisélidis, une association toulousaine qui soutient les travailleurs (euses) du sexe, on s'inquiète. "L'espace public appartient à tout le monde, on a le sentiment d'une privatisation de la rue", regrette Julie Sarrazin la directrice de la structure. "Les viols et agressions ont augmenté depuis que la prostitution s'est déplacée du centre-ville en périphérie, cela risque d'augmenter si les filles travaillent dans des zones encore moins habitées".

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