Les avocats nantais érigent leur "mur des lamentations"

Les avocats nantais érigent leur "mur des lamentations"
FRANCE

JUSTICE – Les avocats du barreau de Nantes sont en grève depuis mercredi dernier pour protester contre le projet de réforme de leur profession porté par le gouvernement.

"Vide-grenier ? Art contemporain ?" Devant le palais de justice de Nantes, des passants s’interrogent. Une centaine de codes civils et journaux officiels sont entassés, certains proprement empilés, d’autres ouverts, baillant aux quatre vents.

Ce "mur des codes" a été érigé ce lundi par 200 avocats sur les 870 que compte le Barreau de Nantes, qui a par ailleurs décrété la journée "Justice morte" : ils sont en grève de toutes les audiences, tous les dossiers sont renvoyés . Les avocats sont arrivés chacun avec leur traditionnelle robe noire, muni de badges "avocats mobilisés", et leur pile de codes dans les bras. "Ce mur des lamentations est le signe de notre forte détermination et de nos revendications", indique Jacques Lapalus, bâtonnier de l’Ordre. L’édifice de papier se veut "la première pierre" de leur combat, contre un projet porté par le gouvernement, pour réformer leur profession, jugé "mortifère".

Cinq journées "Justice morte"

Ils protestent notamment contre une proposition d'instaurer une "contribution de solidarité obligatoire" prélevée sur les barreaux pour abonder le budget de l'aide juridictionnelle, mais aussi sur le projet d'ouverture du capital des cabinets et la création du statut d'avocat d'entreprise salarié, contenus dans un projet de loi sur la croissance émanant du ministère de l'Économie. "Le jour où les avocats seront salariés d'entreprise, on obligera les avocats à oublier leur serment », insiste Me Jacques Lapalus. "En aucune manière, nous ne devons vendre notre serment aux puissances d'argent".

Cette journée d’action n’est pas la première à Nantes, et est loin d’être la dernière. Mercredi dernier, les avocats ont, d’un commun accord, éteint le téléphone des urgences pénales. Un symbole, qui a aussi des conséquences directes : l’assistance n’est plus assurée par les avocats nantais. Dans la foulée, ils avaient voté cinq journées "Justice morte". Celle de ce lundi sera ainsi suivie d’autres événements, les mardi 4 novembre, mercredi 12 novembre, jeudi 20 novembre et vendredi 28 novembre, contre ce texte "liberticide".
 

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